« Construire une souveraineté alimentaire durable pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au nom de la dignité ». C’est autour de ce thème que s’est tenue, le mardi 21 juillet, à Dakar, la séance académique solennelle de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts).
La souveraineté alimentaire ne peut plus être réduite à la seule question de la production agricole. Elle constitue aujourd’hui un enjeu de souveraineté nationale, de sécurité économique et de dignité des populations. C’est autour de cette conviction que l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) a tenu, hier, à Dakar, sa séance académique solennelle sur le thème : « Construire une souveraineté alimentaire durable pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au nom de la dignité », sous la présidence effective du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Présentant le contexte et la justification de cette rencontre, le Pr Bhen Sikina Toguebaye, secrétaire adjoint du Secrétariat perpétuel de l’Ansts, a rappelé que la souveraineté alimentaire s’est imposée comme un principe central des politiques publiques.
Selon lui, elle ne se limite plus à un objectif d’accroissement de la production agricole, mais consacre le droit de chaque nation à définir librement son propre système alimentaire. Pour les pays en développement, a-t-il expliqué, cette ambition doit se traduire par la construction d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable, fondée sur une politique assumée de souveraineté, capable de réduire la dépendance extérieure tout en valorisant les avantages comparatifs nationaux.
Dans un contexte international marqué par les crises géopolitiques, les changements climatiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le Pr Toguebaye a souligné que le Sénégal demeure confronté à un paradoxe. Malgré un important potentiel agricole, pastoral, halieutique et forestier, le pays reste dépendant des importations alimentaires, tandis que persistent différentes formes de malnutrition.
Une situation qui, selon lui, fragilise la souveraineté nationale, la sécurité nutritionnelle et la stabilité économique. Le Pr Toguebaye a également rappelé que le gouvernement a fait de la souveraineté alimentaire une priorité stratégique à travers la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034.
Cette orientation, a-t-il indiqué, vise une transformation structurelle du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique en s’appuyant sur la recherche scientifique, l’innovation, la valorisation des productions locales et une meilleure coordination des politiques publiques.
Revenant sur les enseignements du passé, il a estimé que les ambitions d’autosuffisance alimentaire poursuivies depuis l’indépendance ont souvent été freinées par des politiques fragmentées et des discontinuités institutionnelles. Les expériences accumulées, a-t-il soutenu, doivent désormais servir de socle à une nouvelle dynamique fondée sur la cohérence, la continuité et l’efficacité des interventions publiques.
En consacrant sa séance académique solennelle à cette thématique, l’Ansts entend mettre son expertise scientifique au service de la décision publique. Les travaux devront déboucher sur des recommandations destinées à accompagner les autorités dans la mise en place d’un système alimentaire plus résilient, inclusif et durable, faisant de la science un levier essentiel de la souveraineté alimentaire et de la dignité des populations.



