La capitale sénégalaise accueille, depuis hier, 21 juillet 2026, le premier séminaire professionnel de la Commission de renforcement de capacités de l’Organisation des institutions supérieures de contrôle ayant des compétences juridictionnelles (Jurisai). Cette rencontre de trois jours est placée sur le thème de la gestion des compétences des professionnels des fonctions juridictionnelles.
« Gestion des compétences du professionnel des fonctions juridictionnelles : défis et perspectives ». Tel est le thème du premier séminaire professionnel organisé par la Cour des Comptes du Sénégal, en collaboration avec l’Organisation des institutions supérieures de contrôle des finances publiques à fonctions juridictionnelles (Jurisai). La rencontre, ouverte à Dakar, et retransmise en vidéo-conférence, se poursuit jusqu’au 23 juillet 2026.
Elle réunit des chefs d’Institutions supérieures de contrôle (Isc), des procureurs généraux, ainsi que de nombreux magistrats du siège et du ministère public. Selon le Premier président de la Cour des comptes, Abdoul Madjib Guèye, cet évènement s’inscrit « dans le prolongement direct du mandat confié à la juridiction sénégalaise pour présider la Commission de renforcement de capacités » mise en place par l’Assemblée générale constitutive de Jurisai.
Il a souligné que « les fonctions juridictionnelles exercées par nos institutions ne sont pas des attributions ordinaires : elles touchent directement aux droits, à la situation patrimoniale et, parfois, à la carrière des justiciables de nos juridictions financières ». M. Guèye a rappelé que la légitimité d’une Isc reposait avant tout sur « des femmes et des hommes compétents, agissant selon des processus de qualité au sein d’une institution résolument professionnalisée ».
D’après le Premier président de la Cour des comptes, malgré l’existence de normes internationales, la situation sur le terrain demeure contrastée d’un pays à l’autre. Il souligne plusieurs défis persistants au sein des Isc : une formalisation encore incomplète des cadres de compétences, des programmes de développement professionnel parfois déconnectés des réalités du terrain, ainsi que des mécanismes d’évaluation des performances à consolider.
Face à ces constats, Emmanuelle Borrel, représentante de Jurisai, soutient que la gestion des compétences constitue aujourd’hui « un véritable levier stratégique de gouvernance ». Elle estime d’ailleurs que ce séminaire doit servir de base référentielle à l’ensemble des Isc dotées de fonctions juridictionnelles, afin qu’elles puissent mener à bien l’intégralité de leurs missions, qu’elles soient juridictionnelles ou non.



