Le Conseil de sécurité de l’ONU a procédé ce jour-là à son quatrième vote indicatif pour tester le niveau de soutien aux candidats au poste de prochain secrétaire général des Nations unies.
Après un quatrième vote indicatif qui ne lui a pas permis de refaire son retard dans la course à la succession d’António Guterres, Macky Sall a décidé de repartir à l’assaut. L’ancien président sénégalais a été reçu à New York par Cheikh Mohammed Al-Issa,, secrétaire général de l’Organisation des savants musulmans. Un signe que le candidat n’entend pas baisser les bras.
Le verdict est tombé mardi 29 septembre. Le Conseil de sécurité de l’ONU a procédé ce jour-là à son quatrième vote indicatif pour tester le niveau de soutien aux candidats au poste de prochain secrétaire général des Nations unies. Pour Macky Sall, ce nouveau test n’a pas apporté l’embellie espérée. Sa candidature conserve cinq soutiens, alors que neuf membres du Conseil de sécurité expriment une appréciation défavorable. Le candidat porté par le Sénégal reste ainsi figé au même niveau que lors du tour précédent, sans parvenir à renverser la tendance.
Des rivaux qui prennent le large
La trajectoire est d’autant plus préoccupante pour son camp qu’elle marque un recul par rapport au début de la compétition. Lors du troisième tour, le 18 septembre, il avait recueilli 5 avis favorables, 9 défavorables et 1 abstention, contre 6 voix favorables lors des deux premiers tours. Au mois d’août pourtant, l’ancien chef de l’État semblait prendre de l’élan : à l’issue du deuxième vote indicatif, sa candidature était passée de la cinquième à la quatrième place.
Pendant que Macky Sall piétine, la concurrence avance. La Costaricienne Rebeca Grynspan s’impose une nouvelle fois lors de ce quatrième vote indicatif, devant la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett. L’Argentin Rafael Grossi figure également parmi les candidats qui concentrent désormais la dynamique de la course. Dans le même temps, l’Ougandais Olara Otunnu, autre candidat africain, obtient, comme Macky Sall, 5 voix favorables.
Le calendrier ne joue pas non plus en faveur des retardataires. Il ne reste que trois mois avant la fin du mandat d’António Guterres, et les grandes puissances devront trancher rapidement. La règle, elle, ne change pas : le candidat retenu devra obtenir le soutien d’au moins 9 des 15 membres du Conseil de sécurité, sans opposition d’un des cinq membres permanents. Avec neuf avis défavorables, Macky Sall se trouve donc encore loin du seuil requis.
C’est dans ce contexte tendu que l’ancien président a repris son bâton de pèlerin. En marge de la Semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, il a été reçu hier soir par Cheikh Mohammed Al-Issa,, secrétaire général et président de l’Organisation des savants musulmans, figure influente du dialogue interreligieux et également à la tête de la Ligue islamique mondiale. L’audience s’est tenue à la résidence new-yorkaise du dignitaire religieux.
Les deux hommes ont échangé sur plusieurs questions d’intérêt commun, en lien avec les grands enjeux qui dominent cette session onusienne, notamment la paix, le dialogue des civilisations et la coopération internationale. Aucun détail précis n’a pour l’heure filtré sur la teneur des discussions. Mais le moment choisi pour cette rencontre, au lendemain d’un vote décevant, laisse peu de doute sur la volonté de Macky Sall d’élargir ses appuis et de soigner son image d’homme de dialogue auprès de réseaux d’influence qui dépassent le seul cadre du Conseil de sécurité.
Rien n’est encore joué, les votes indicatifs n’ayant qu’une valeur consultative. La prochaine étape pourrait être une phase de vote aux bulletins différenciés entre membres permanents et membres élus, où la position des cinq grandes puissances deviendra déterminante. D’ici là, l’ancien président sénégalais devra multiplier les contacts pour convertir une partie des avis défavorables et espérer revenir dans une course qui, pour l’instant, semble lui échapper.


