L’examen en commission technique du projet de loi n° 21/2026, modifiant la loi n° 2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique Cedeao, a débordé du seul cadre de la carte d’identité.
Les députés veulent que la durée de validité des passeports sénégalais passe à dix ans. Le ministre de l’Intérieur, Makhtar Cissé, s’est dit favorable à cette évolution, tout en prévenant qu’elle pourrait avoir un impact sur le prix du document.
L’examen en commission technique du projet de loi n° 21/2026, modifiant la loi n° 2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique Cedeao, a débordé du seul cadre de la carte d’identité. Les députés ont profité de ce passage devant le ministre de l’Intérieur pour soulever la question des passeports. Ils lui ont demandé de porter leur durée de validité à dix ans.
Les parlementaires ont appuyé leur demande sur de nombreux arguments. Au cœur de la démarche, il y a le souci d’alléger les contraintes des citoyens, qui doivent aujourd’hui renouveler leur document de voyage plus souvent. Ces renouvellements représentent des démarches administratives, des frais et parfois de longs délais d’attente. Une validité plus longue réduirait ces procédures et désengorgerait aussi les services chargés de la délivrance.
Makhtar Cissé est ouvert, mais prudent
Face à cette demande, Makhtar Cissé n’a pas fermé la porte. Le ministre de l’Intérieur s’est dit favorable à l’idée d’un passeport valable dix ans. Il a toutefois attiré l’attention des députés sur une conséquence pratique : un allongement de la durée de validité pourrait entraîner une hausse du coût du document.
Un passeport conçu pour durer plus longtemps suppose en effet des exigences techniques et sécuritaires adaptées. Il doit aussi supporter une utilisation prolongée sans se dégrader. Ces paramètres pèsent sur les coûts de production et, par ricochet, sur le tarif payé par le demandeur.
Pour concilier la demande des élus et les contraintes financières, le ministre a avancé une piste. Il envisage de prévoir, pour certaines catégories de personnes qui voyagent beaucoup, des titres d’une durée de validité supérieure, avec un tarif en conséquence. Une telle formule permettrait à ceux qui en ont réellement besoin d’opter pour un passeport plus durable, sans imposer une hausse de prix à l’ensemble des usagers. Cette approche à la carte pourrait intéresser en particulier les hommes d’affaires, les commerçants, les membres de la diaspora et tous ceux dont les déplacements à l’étranger sont fréquents. Pour eux, un passeport qui s’use moins vite en démarches représenterait un gain de temps appréciable.
Pour l’heure, il ne s’agit que d’une orientation exprimée en commission. Les contours d’un éventuel passeport de dix ans restent à définir, qu’il s’agisse des catégories de bénéficiaires, du niveau des tarifs ou du calendrier de mise en œuvre. Le signal envoyé par le ministre de l’Intérieur montre toutefois que le sujet est désormais sur la table. Il pourrait déboucher sur une évolution importante de la politique de délivrance des documents de voyage au Sénégal.




