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Violences politico-judiciaires de 2021 à 2024 : le Procureur de Dakar fait le point sur l’enquête

Le Procureur de la République de Dakar a fait le point, le 2 octobre 2026, sur l’enquête relative aux violences politico-judiciaires survenues entre 2021 et 2024. Il fait état de 76 décès et de plus de 200 présumées victimes de torture.

Dans un communiqué de presse daté du 2 octobre 2026 (n° 003/PR-TGIHC DK), le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a informé l’opinion publique de l’état d’avancement d’une enquête sensible. Elle porte sur des infractions liées aux événements politico-judiciaires survenus entre 2021 et 2024. Selon le parquet, ces faits sont susceptibles, « en raison de leur ampleur et de leur caractère systématique », de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité.

Le magistrat explique avoir reçu l’instruction d’ouvrir cette enquête par deux correspondances : la première, numérotée 559/MJ, date du 28 juillet 2025, et la seconde, numérotée 0260/PGDK, du 30 juillet 2025. Par un courrier du 4 août 2025, le Chef d’Escadron commandant la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale de Dakar a été saisi à cette fin.

Un premier bilan : 76 morts et plus de 200 présumées victimes de torture

Les premières investigations, menées entre octobre 2025 et septembre 2026 sur la base des documents disponibles, ont permis de dénombrer provisoirement 76 personnes décédées, dont 41 pour la seule région de Dakar. Elles ont aussi permis de recenser plus de 200 autres personnes présumées victimes d’actes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.

Les enquêteurs ont entendu 166 personnes, victimes et témoins. L’exploitation de ces auditions et des actes médicaux a, selon le communiqué, révélé des indices d’assassinat, de meurtres, de persécutions, d’actes de torture ou d’autres traitements inhumains, cruels ou dégradants. Le parquet estime que ces faits sont susceptibles de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité.

Des arrestations liées aux cas de Pape Abdoulaye et de Mamadou

Les diligences des enquêteurs ont abouti à l’arrestation de quatre individus présumés avoir participé à des actes de torture exercés sur Pape Abdoulaye TOURE. Le communiqué mentionne également un cinquième individu, visé à la suite du décès de Mamadou NDOYE. Ce dernier, précise le texte, a été « volontairement heurté à mort » à Bargny par un véhicule de la Police. L’identité des personnes arrêtées n’est pas indiquée dans le document.

Inculpations du 23 septembre 2026

Le 23 septembre 2026, toutes ces personnes ont été inculpées pour crime contre l’humanité de tortures et de meurtre par les juges d’instruction co-saisis. Elles ont ensuite été placées, tour à tour, dans des situations différentes. Deux d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt, tandis que les autres ont été placées sous contrôle judiciaire ou assignées à résidence avec surveillance électronique.

Le parquet fait appel

Le 28 septembre 2026, le Procureur de la République, qui avait requis le placement sous mandat de dépôt de tous les inculpés, a relevé appel de cette ordonnance. Il conteste donc les mesures moins sévères décidées pour une partie des inculpés.

Les magistrats instructeurs saisis ont été invités à établir les délégations judiciaires, demandes de concours, réquisitions et commissions rogatoires, et à accomplir tous les autres actes d’instruction utiles à la manifestation de la vérité. Le Procureur annonce par ailleurs que d’autres procédures judiciaires seront ouvertes devant les juridictions compétentes, selon les niveaux de responsabilité que l’enquête ou l’instruction auront révélés.

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