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Vers une paralysie du secteur de la santé : Mauvaise nouvelle pour les sénégalais

Le secteur public de la santé pourrait connaître une nouvelle période de tension dans les prochains jours. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a annoncé, ce lundi 31 août 2026, une grève totale de 48 heures les mardi 8 et mercredi 9 septembre.

Le mouvement sera toutefois accompagné du respect des urgences et du service minimum. Les professionnels affiliés au syndicat porteront également un brassard rouge durant ces deux journées.

À travers cette mobilisation, le SAMES entend mettre la pression sur les autorités pour obtenir des réponses à une plateforme revendicative élaborée depuis 2023. Selon son secrétaire général national, Dr Diabel Dramé, le syndicat a privilégié pendant plusieurs mois le dialogue et a multiplié les relances, sans obtenir de réponses jugées satisfaisantes.

« Nous avons donné du temps. Ce temps est écoulé », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse tenue à Keur Madia.

Le SAMES assure que cette décision n’est pas prise à la légère. Le syndicat rappelle avoir suspendu certaines actions à la demande des autorités et participé au processus d’élaboration du pacte en faveur de la stabilité sociale. 

Mais, estime-t-il, l’absence de réponses concrètes ne lui laisse désormais plus d’autre choix que d’engager la lutte syndicale.

Derrière cette grève se trouve une plateforme qui dépasse largement les seules questions salariales. Le SAMES réclame notamment l’élaboration d’un statut particulier pour le corps médical, le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes destinés au secteur public, le relèvement de l’âge de titularisation à 40 ans, un régime indemnitaire jugé équitable et une revalorisation des pensions de retraite.

Le syndicat dénonce surtout un paradoxe qui interpelle : le Sénégal souffre d’un déficit de ressources humaines dans plusieurs structures sanitaires alors que des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes se retrouvent au chômage.

Le SAMES réclame également le recrutement automatique à la fin de la formation, l’intégration prioritaire des contractuels exerçant dans les zones difficiles, la prise en compte des années de contractualisation et des règles plus transparentes pour les mutations et les nominations.

Les revendications concernent aussi les infrastructures. Le syndicat demande qu’à terme chaque département dispose d’un établissement public de santé de niveau 2 et que chaque région puisse bénéficier d’équipements lourds comme des scanners et des IRM. Il réclame également des ambulances adaptées, des laboratoires fonctionnels et un système performant de maintenance hospitalière.

La formation et la situation des médecins en spécialisation figurent également parmi les préoccupations. Le SAMES dénonce notamment les retards dans le paiement des primes de stage et demande de meilleures conditions académiques, sociales et professionnelles pour les spécialistes en formation.

Autre point de tension : une note circulaire datée du 19 août 2026, que le syndicat considère comme susceptible de remettre en cause certains appuis au logement accordés aux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Le SAMES met en garde les directeurs qui tenteraient, selon lui, de suspendre ou de supprimer ces avantages.

Pour le syndicat, ces revendications ne concernent pas uniquement les professionnels de santé. « Défendre les conditions de travail des médecins, c’est défendre la qualité des soins », soutient le Dr Diabel Dramé. 

Le SAMES estime ainsi que ses demandes touchent directement à la capacité du système de santé à retenir ses compétences, à assurer la continuité des soins et à garantir un accès équitable aux populations.

Le calendrier de mobilisation est déjà établi. Une réunion extraordinaire du Comité exécutif national du SAMES est prévue à partir du 1er septembre. Des assemblées générales et des actions de sensibilisation seront organisées dans les zones et sections à partir du 2 septembre, avant les 48 heures de grève des 8 et 9 septembre.

Une évaluation du mouvement est prévue le 10 septembre. Sa suite dépendra des résultats de cette évaluation et surtout, de l’évolution des discussions avec les autorités.

Le SAMES affirme rester ouvert au dialogue, mais réclame désormais des négociations « sérieuses », avec des interlocuteurs décisionnaires, un calendrier précis et des engagements concrets, chiffrés et vérifiables.

À moins de dix jours de la grève annoncée, l’enjeu dépasse donc le seul bras de fer syndical. Il porte sur les conditions d’exercice des professionnels, mais aussi sur la capacité du système public à maintenir des soins accessibles et de qualité.

La balle est désormais dans le camp des autorités.

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