Le 16 juin dernier, au coup d’envoi de leur Coupe du monde, les Lions du Sénégal nourrissaient un rêve : rééditer l’exploit de 2002 face à la France. Avant ce choc, les joueurs exprimaient confiance et sérénité, déterminés à faire bégayer l’histoire 24 ans après la victoire mythique des Lions de 2002. Une semaine plus tard, le contraste est brutal. Après une lourde défaite contre les Bleus, le Sénégal a de nouveau sombré face au Venezuela, encaissant trois nouveaux buts.
Pour Thierno Lo, le diagnostic est sans appel. Le PDG du Groupe Senmedias et de Yēglé TV, dans une tribune publiée sur Xalima ce 23 juin, pointe directement le banc de touche. « Le Sénégal a un problème de coach, il faut avoir le courage de le dire », assène-t-il. Selon lui, les débats sur la souveraineté et la préférence nationale occultent l’essentiel : au plus haut niveau, seules la compétence et l’expertise comptent.
L’auteur de la tribune détaille les carences tactiques qui, à ses yeux, expliquent ces échecs. Il reproche à Pape Thiaw de ne pas imposer une véritable identité de jeu, de peiner à corriger ses erreurs et d’anticiper celles de l’adversaire. Il ajoute que certains techniciens locaux ont du mal à s’affirmer face aux stars internationales sénégalaises, ce qui peut biaiser les décisions. « Aimer son pays ne suffit pas pour réussir au plus haut niveau mondial », tranche Thierno Lo, qui milite pour un entraîneur plus outillé, capable de s’imposer quel que soit le statut des joueurs.
La tribune soulève aussi la question du traitement réservé aux entraîneurs nationaux, souvent contraints de batailler pour leurs contrats et leurs salaires. « Cela n’aide ni leur autorité ni leur sérénité », relève Thierno Lo. Le potentiel des joueurs sénégalais, lui, n’est pas en cause. « Le problème, selon moi, se situe aujourd’hui sur le banc de touche », conclut-il.



