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«Nous marchons mais nous sommes morts…» : Bara Tall tire la sonnette d’alarme sur le secteur des BTP

CNES
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Bara Tall, le Président du Groupe Talix, n’a pas mâché ses mots, ce jeudi. «Nous sommes tous des morts vivants, nous sommes des zombies. Nous marchons, mais nous sommes morts», a-t-il martelé, lors de la Conférence de presse de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES).

Pour le capitaine d’entreprise, il est urgent que l’Etat réagisse et parle avec les acteurs du secteur des BTP pour redresser la barre. Il a expliqué qu’aujourd’hui, aucun pays ne peut avoir sa branche Travaux publics sans que l’État ne joue son rôle. Mais ce qu’il regrette au Sénégal, c’est que «le secteur des travaux publics a été complètement ignoré par les régimes successifs».

Sous l’actuel régime, le secteur des Btp n’a pas été mieux loti. Au contraire, l’arrêt des chantiers a donné un coup de massue aux entreprises : «l’État est venu, à un moment donné, remettre en cause même cet état de survie dans lequel nous étions. On a tous vécu les arrêts du jour au lendemain de tous les programmes qui étaient en cours», regrette le chef d’entreprise.

Pour lui, si l’État « se vante » d’avoir récupéré autour de 25 milliards sur les programmes qu’ils a arrêtés, comme le Programme Spécial de désenclavement (Psd), les entreprises qui ont subi l’arrêt de ces travaux ont perdu depuis lors «des centaines de milliards».

En ce qui concerne les ressources que l’Etat leur doit, Bara Tall estime qu’il ne s’agit plus d’apurer une dette intérieure. Pour lui, ils subissent un préjudice. La preuve, il annonce qu’au 30 juin prochain prochain, la plupart de leurs entreprises seront mises en défaut.

«On va provisionner l’argent que nous devons à ces banques qui n’est pas notre propre argent, c’est de l’argent de nos fournisseurs, de nos banques que nous avons mis dans les projets que l’État a bloqués. Et au jour d’aujourd’hui, toutes ces entreprises sont bloquées», dit-il.

L’autre aspect, c’est que toutes les grandes entreprises de BTP ont créé d’autres activités annexes autour de leur métier principal. Mais, toutes ces activités connexes «sont impactées par le défaut de l’État au niveau de la branche travaux publics». Ce, pour la simple raison que c’est le risque groupe qui est pris en compte par les banques.

«Nous avons énormément de projets hôteliers rentables, énormément de projets miniers rentables, énormément de promotions immobilières rentables qui sont bloquées, parce que la branche BTP a été bloquée», regrette-t-il.

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