La Cour d’appel de Rabat a confirmé lundi les peines de prison ferme infligées aux 18 supporters sénégalais interpellés après la finale de la CAN 2025. Des condamnations allant de trois mois à un an, sans aménagement, dans un climat judiciaire particulièrement tendu, selon leur avocat, Patrick Kabou.
Dans un entretien, la robe noire décrit une audience marquée par des échanges vifs et une absence de preuves matérielles du côté de l’accusation. « Les débats ont duré plus de six heures, mais ils étaient incapables de produire ces preuves », affirme-t-il dans L’Obs, dénonçant une situation inédite dans un dossier pénal.
Il pointe également un incident avec le procureur, après avoir refusé de retirer des propos qu’il jugeait fondés : « Vous n’avez aucune preuve à retenir contre eux. »
L’audience a été ponctuée d’un autre moment de tension lorsque le juge lui aurait interdit de plaider en français, exigeant l’usage de l’arabe. « Je lui ai répondu que, dans ce cas, je pouvais demander à mes clients de ne pas répondre », explique Me Kabou, estimant que le débat s’éloignait du terrain strictement juridique pour prendre une tournure plus politique ou diplomatique.
Malgré cette décision défavorable, la défense ne compte pas s’arrêter là. L’avocat annonce le dépôt imminent d’une demande de transfèrement des détenus vers le Sénégal, en s’appuyant sur les accords bilatéraux entre Sénégal et Maroc.
En parallèle, une requête de grâce royale sera introduite auprès du souverain marocain à l’occasion de la Tabaski.
« Dès aujourd’hui, nous allons introduire ces demandes », précise-t-il, évoquant une réunion en cours avec les autorités consulaires et le ministre chargé des Sénégalais de l’extérieur.
Objectif , coordonner les démarches diplomatiques et judiciaires pour tenter d’obtenir un dénouement favorable pour les supporters encore incarcérés.



