L’État du Sénégal a bouclé une nouvelle opération sur le marché régional des titres publics. Il recherchait 65 milliards de FCFA auprès des investisseurs, qui lui ont proposé près de 83 milliards de FCFA, soit 17,98 milliards de plus que le montant initialement recherché. Au final, le Trésor public sénégalais a retenu 71,5 milliards de FCFA et rejeté 11,48 milliards de FCFA de soumissions.
Sur les Bons assimilables du Trésor (BAT) à un an, le Trésor a retenu 34,3 milliards de FCFA, soit la quasi-totalité des offres reçues. Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,65 %. Même constat pour les Obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans : sur 23,44 milliards de FCFA proposés, près de 23,40 milliards ont été retenus.
En revanche, la stratégie a été différente sur les OAT à 5 ans. Alors que le rendement moyen pondéré a atteint 8,17 %, le Trésor public sénégalais a fortement réduit les montants retenus. Sur les 25,2 milliards de FCFA proposés par les investisseurs, il n’a accepté que 13,8 milliards et rejeté 11,4 milliards de FCFA, soit près de la moitié des offres.
L’Etat entre le marteau des taux élevés et l’enclume des délais de refinancement
Cette adjudication confirme que les investisseurs continuent de répondre présents aux appels de fonds de l’État du Sénégal. Avec un taux de couverture de 127,67 %, la demande est restée largement supérieure au montant recherché. En revanche, les conditions de financement demeurent coûteuses, les investisseurs exigeant des rendements élevés, notamment sur les maturités longues.
En privilégiant les BAT à un an et les OAT à 3 ans, tout en limitant les émissions à 5 ans, les autorités semblent vouloir éviter les emprunts à taux élevés. Mais, cette stratégie n’est pas sans conséquences.
En effet, en s’appuyant davantage sur des maturités courtes et intermédiaires, l’État limite aujourd’hui le coût de son endettement à long terme, mais s’expose à des échéances de remboursement plus rapprochées, dans un contexte où les finances publiques restent sous pression.

