La cérémonie de passation de service au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a finalement fini au tribunal. L’ancienne députée Mame Diarra Fam a fait arrêter le commerçant Mamadou Diop pour des accusations de violences.
L’enquête, menée par la Division des investigations criminelles (DIC) met en lumière les circonstances d’une altercation survenue le 8 juin dernier au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, lors de la cérémonie de passation de service entre Maïmouna Dièye et Marie Angélique Diouf.
À l’issue de l’enquête, Mamadou Diop a été conduit au parquet du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye pour injures publiques, menaces de mort et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de 15 jours.
Selon les informations de Seneweb, tout est parti de la plainte déposée le 9 juin 2026 par Mame Diarra Fam, ancienne parlementaire. Elle affirme avoir été violemment prise à partie dès son arrivée au ministère.
D’après sa version, un homme s’est dressé devant elle, l’a filmée avec son téléphone portable tout en l’abreuvant d’injures et de menaces de mort, lui reprochant des publications sur les réseaux sociaux visant Adama Sarr, maire de Keur Massar Nord.
La plaignante soutient que son agresseur est ensuite passé à l’acte en lui infligeant des violences physiques. Elle assure n’avoir dû son salut qu’à l’intervention de personnes présentes sur les lieux, notamment Demba Dang.
Souffrant de douleurs à l’épaule et au poignet gauches, elle s’est rendue à l’hôpital Baye Talla Diop de Pikine avant d’être orientée vers l’hôpital militaire de Thiaroye. Les examens radiologiques ont conclu à un traumatisme de l’épaule et du poignet gauches, tandis qu’un certificat médical lui a accordé une ITT de quinze jours.
Le mis en cause nie tout en bloc
Convoqué par la brigade des affaires criminelles de la DIC, Mamadou Diop a rejeté l’ensemble des accusations. Ce commerçant, également membre de la sécurité du COUD, reconnaît avoir assisté à la cérémonie sur invitation de la nouvelle ministre Marie Angélique Diouf, avec laquelle il dit collaborer dans le cadre d’activités humanitaires. Il admet avoir aperçu Mame Diarra Fam dans les locaux du ministère, mais nie catégoriquement l’avoir filmée, insultée, menacée ou frappée. À plusieurs reprises, il soutient que la plaignante l’a confondu avec une autre personne.
Entendu en qualité de témoin, Demba Dang, agent de sécurité du COUD et coordonnateur des «karimistes», affirme avoir accueilli Mame Diarra Fam à son arrivée. Dans un premier temps, il déclare n’avoir constaté aucun contact physique entre celle-ci et Mamadou Diop. Il explique toutefois que la plaignante lui a, par la suite, désigné son ami Mamadou Diop comme étant son agresseur et qu’il avait envisagé une médiation à la demande de responsables politiques issus du Parti démocratique sénégalais (PDS).
Les enquêteurs relèvent d’ailleurs cette contradiction : le témoin a, d’un côté, affirmé ne pas avoir vu d’agression et, de l’autre, entrepris des démarches de conciliation entre les protagonistes.
Les images de vidéosurveillance accablent le suspect
C’est finalement l’exploitation des images du système de vidéosurveillance du ministère qui a fait basculer l’enquête. Saisie par la DIC, la cellule informatique du département ministériel a remis aux enquêteurs un extrait des enregistrements couvrant la période litigieuse.
Selon le rapport de synthèse, les vidéos montrent Mamadou Diop suivant Mame Diarra Fam dès son entrée dans les locaux, la filmant contre son gré puis exerçant des violences sur elle en cognant sa main gauche contre une porte. Confronté à ces images lors d’une nouvelle audition, le mis en cause a persisté dans la dénégation.
Au terme de l’enquête, M. Diop, qui n’a pas été placé en garde à vue, a été présenté au parquet de Pikine-Guédiawaye. Il a été placé sous mandat de dépôt et sera jugé en flagrant délit.

