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La réforme constitutionnelle : Une opportunité historique que le Président Diomaye Faye doit saisir Par Mamadou Seck

Président Diomaye Faye
Président Diomaye Faye

L’Assemblée nationale a adopté lundi, à une large majorité, la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, initiée par le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes.

Ce texte, qui sera soumis au référendum par le Président de la République, représente une avancée majeure pour moderniser nos institutions et consolider l’État de droit. Bassirou Diomaye Faye, fidèle à ses engagements de campagne, a aujourd’hui l’occasion historique de transformer en réalité concrète la « rupture » promise au peuple sénégalais. Il doit l’adopter sans hésitation.

Cette réforme ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans la continuité des Assises nationales, des travaux de la Commission nationale de réforme des institutions et des aspirations exprimées lors du Dialogue national. Elle touche une trentaine d’articles et propose un rééquilibrage salutaire des pouvoirs, sans remettre en cause les fondamentaux de notre République. Parmi ses dispositions phares figurent la création d’une Cour constitutionnelle dotée de compétences élargies, remplaçant l’actuel Conseil constitutionnel. Cette nouvelle institution renforcera l’indépendance de l’arbitrage constitutionnel, électoral et référendaire. Le texte consacre également l’incompatibilité entre la fonction présidentielle et la direction d’un parti politique, renforce les prérogatives du Premier ministre en concertation avec le chef de l’État, et dote l’Assemblée nationale de véritables pouvoirs de contrôle, notamment via des commissions d’enquête élargies et un meilleur suivi des conventions d’investissement portant sur nos ressources naturelles. L’encadrement de la période de transition présidentielle, la déclaration de patrimoine en début et en fin de mandat, ainsi que l’introduction de nouveaux droits fondamentaux (environnement sain, inclusion numérique) constituent autant de mesures de bonne gouvernance qui répondent aux attentes légitimes des Sénégalaises et des Sénégalais.

Ces avancées visent à rompre définitivement avec l’hyperprésidentialisme qui a trop longtemps caractérisé notre vie politique. Dans le contexte actuel de recomposition des équilibres au sein de la majorité, certains observateurs y voient un bras de fer entre le Président Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Pourtant, au-delà des considérations politiciennes, c’est l’intérêt supérieur du Sénégal qui doit primer. Cette réforme n’affaiblit pas l’exécutif : elle le rend plus équilibré, plus responsable et plus durable. Elle protège la fonction présidentielle tout en empêchant sa confusion avec l’appareil partisan. Monsieur le Président, vous avez été élu sur la promesse d’une gouvernance vertueuse et de réformes institutionnelles profondes. Le peuple vous a fait confiance pour incarner le changement. Le texte adopté par les députés, issus de la majorité qui vous a porté au pouvoir, offre aujourd’hui un cadre concret pour honorer cet engagement. Le recours au référendum, que vous avez choisi, est une démarche démocratique louable. Il permettra au peuple souverain de trancher. Nous vous appelons solennellement à accompagner pleinement cette dynamique. Promulguez les conditions d’organisation d’un référendum clair, transparent et rapide.

Refusez les tentations dilatoires ou les amendements de dernière minute qui videraient le texte de sa substance. L’histoire retiendra que c’est sous votre mandat que le Sénégal aura franchi une étape décisive vers une démocratie plus mature, où les pouvoirs s’équilibrent au service du développement et de la justice sociale. Le Sénégal de 2026 ne peut plus fonctionner avec les outils institutionnels hérités des décennies passées. La réforme constitutionnelle portée par Pastef offre une fenêtre de modernisation responsable. Monsieur le Président Diomaye Faye, saisissez-la. Le peuple attend, l’histoire jugera.

Mamadou Seck,Journaliste et analyste politique via Sanslimitesn.com

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