La Section de recherches de Kaolack a démantelé un stratagème de fraude documentaire permettant à deux individus de soutirer près de 3 millions de francs CFA au Trésor public.
Le 23 avril 2026, le directeur régional du Trésor de Kaolack, P.V.M. D., et l’inspecteur principal des impôts et domaines, chef du centre des services fiscaux, M. N., déposent une plainte collective auprès de la Section de recherches de Kaolack. Ils accusent un prestataire de service et le gérant de la société Global Commerce de contrefaçon de signature sur un quitus fiscal, suivie d’escroquerie.
M.T. D., propriétaire de Global Commerce, et son informaticien comptable M. G. avaient exécuté un marché pour le compte de la mairie de Kaffrine, d’une valeur de 2 999 560 francs CFA, selon des informations exclusives de Seneweb.
Problème : leur société n’était pas en règle vis-à-vis du fisc sénégalais, condition pourtant indispensable pour percevoir un paiement du Trésor public.
Pour contourner cet obstacle, ils se procurent frauduleusement un quitus fiscal appartenant à une autre société, Ecos, à l’insu de son propriétaire. À l’aide de l’intelligence artificielle, ils effacent toutes les références d’Ecos sur le document et les remplacent par celles de Global Commerce, sans toucher aux signatures officielles. Le quitus ainsi falsifié est présenté au Trésor, qui procède au virement de la somme sur le compte de Global Commerce.
Saisi de la plainte, le chef de la Section de recherches de Kaolack ouvre immédiatement une enquête. Grâce aux techniques d’investigation, M.T. D. et M. G. sont interpellés à Kaffrine puis conduits à Kaolack ; leurs domiciles ont été perquisitionnés à Kaffrine puis à Kaolack.
Les deux mis en cause reconnaissent sans ambiguïté les faits. Ils expliquent avoir agi par nécessité, souhaitant récupérer leur dû après l’exécution du marché, avec l’intention de régulariser leur situation fiscale par la suite. Ils maintiennent néanmoins n’avoir pas imité les signatures, ayant uniquement exploité les capacités de l’IA pour altérer les informations d’identification sur le document.
Les deux plaignants, de leur côté, confirment n’avoir ni signé ni autorisé l’établissement des quitus litigieux, et maintiennent leur plainte.
Au terme de leur garde à vue, M.T. D. et M. G. ont été présentés au procureur de la République Abass Yaya W., chef du parquet de Kaolack, pour les délits d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique authentique et escroquerie.



