Auditionné par la Commission d’enquête parlementaire sur les opérations de type Total Return Swap (TRS) conclues par l’État du Sénégal en 2025, le Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), Amadou Tidiane Gaye, a apporté un éclairage technique décisif sur la nature et la comptabilisation de ces financements. Face aux interrogations portant sur les 721 milliards de francs CFA nets annoncés et sur un écart de 278 milliards lié aux garanties, le patron du Trésor s’est engagé à fournir toutes les pièces justificatives bancaires pour dissiper toute confusion et rétablir la concordance des chiffres.
Comment retracer avec exactitude les opérations de type Total Return Swap (TRS) réalisées par l’État du Sénégal au cours de l’année 2025 ? Quels montants ont été effectivement crédités dans les caisses publiques et quelle est la nature des garanties constituées ? Ce sont les questions centrales au cœur des travaux de la Commission d’enquête parlementaire. Auditionné par les députés, le Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), Amadou Tidiane Gaye, a détaillé la mécanique d’exécution et de comptabilisation de ces montages financiers. Les investigations parlementaires se concentrent en particulier sur les 721 milliards de francs CFA de financement net annoncés et sur un écart de 278 milliards de francs CFA découlant des garanties mobilisées, dont le traitement comptable doit être certifié par des pièces justificatives officielles.
Vingt-six ans d’expertise et de carrière au Trésor
En fonction depuis le 22 janvier 2025, Amadou Tidiane Gaye a rappelé son parcours professionnel aux membres de la commission. Inspecteur général d’État et inspecteur du Trésor diplômé de l’École nationale d’administration (ENA), il totalise 26 années de service au sein de la DGCPT. Ayant occupé les postes de fondé de pouvoir à Saint-Louis, receveur municipal à Diourbel puis à Ziguinchor, chef du bureau des régies et percepteur départemental à Guédiawaye, il a également dirigé le secteur parapublic avant de piloter la Direction du Contrôle interne et de l’Audit de 2017 à 2025. Durant sa carrière, il a supervisé la Direction de la Dette publique avant le transfert opérationnel de cette tutelle à la Direction générale des Financements et de la Dette (DGFD) en 2025, une expertise qui l’a placé au cœur de la préparation des plans de financement annuels et des interventions sur le marché financier régional.
Une structuration adossée aux titres du Trésor en période de contraintes
S’exprimant sur la nature des instruments analysés, le directeur général a tenu à clarifier que les TRS ne constituent pas une nouvelle catégorie de dette publique autonome, mais plutôt une structuration financière adossée à des émissions classiques de bons et d’obligations du Trésor sur le marché intérieur. En 2025, le recours à ces sept opérations enregistrées par le Trésor s’expliquait par un contexte de fortes contraintes d’accès aux financements internationaux, marqué par l’absence d’un programme actif avec le FMI, un accès restreint aux marchés obligataires internationaux et des exigences de garanties formulées par des bailleurs disposant de devises.
Tracé de la chaîne des opérations et enjeu de la réconciliation comptable
Pour répondre aux doutes sur la traçabilité des fonds, le patron du Trésor a détaillé la chaîne des opérations : chaque émission débute par un calendrier fixé avec l’agence régionale UMOA-Titres. L’adjudication donne lieu à un procès-verbal officiel servant de pièce justificative au Trésorier-payeur général (TPG) pour vérifier la régularité des transferts et procéder à la prise en charge comptable. En parallèle, des conventions spécifiques encadrent les garanties constituées, les frais de structuration, les commissions et le suivi des appels de marge.
L’enjeu majeur de l’enquête réside dans la réconciliation comptable entre les 721 milliards de francs CFA perçus et l’écart de 278 milliards de francs CFA liés aux garanties immobilisées. Pour lever toute ambiguïté, Amadou Tidiane Gaye s’est engagé à transmettre aux députés un dossier complet comprenant les avis de crédit et de débit originaux, les messages interbancaires SWIFT (confirmant dates de valeur et devises) ainsi que les états de rapprochement comptable récapitulant les créances et obligations encore suivies par le Trésor public.



