L’État du Sénégal doit cesser de s’appauvrir en enrichissant des particuliers au détriment des deniers publics. C’est le cri du cœur lancé par le député Amadou Ba, membre de la majorité PASTEF, alors que le débat sur le patrimoine bâti de l’État est au cœur des discussions politiques et économiques. Dans une contribution intitulée « Patrimoine bâti : au-delà du scandale, les futures propositions de la commission d’enquête », le parlementaire entend recentrer le débat sur les réformes à venir.
Selon le parlementaire, l’État du Sénégal verse chaque année des milliards de francs CFA pour loger ses agences, ses institutions et ses administrations. « Certaines agences paient parfois jusqu’à 30 millions de francs CFA de loyer par mois, et souvent en périphérie du cœur de Dakar, comme à la Cité Keur Gorgui », dénonce le député.
Pour Amadou Ba, la solution passe nécessairement par une « valorisation des actifs » publics. « Il serait plus indiqué de récupérer ce foncier extrêmement cher et de le valoriser en immeubles de bureaux pour loger les agences et administrations de l’État, au lieu de le louer à des particuliers pour des montants modiques et sur des durées de 99 ans », propose le député.
Mieux, selon le parlementaire, ces nouveaux immeubles publics « pourraient servir de garantie à des prêts d’État, des sukuks et autres instruments financiers, au lieu de profiter à quelques individus privilégiés ».
Une démarche de réforme sans règlement de comptes
Amadou Ba tient à préciser que l’objectif de la commission d’enquête parlementaire ne relève nullement d’un règlement de comptes politiques. « Il n’a jamais été question de vilipender ou d’indexer des individus à travers les commissions d’enquête, mais de proposer de nouvelles lois d’encadrement, de gestion et de valorisation du patrimoine bâti de l’État », a-t-il insité. Il s’agit, selon lui, de déboucher sur de véritables réformes législatives à l’issue des auditions actuellement menées à l’Assemblée nationale.
Et le parlementaire de conclure : « En dépit du discrédit médiatique orchestré par les bénéficiaires de l’opacité, l’Assemblée nationale avance et le peuple contrôle ses ressources ».



