Dix anecdotes de la vie de Pape Diouf qui vont vous surprendre

Décédé ce mardi soir, Pape Diouf laisse derrière lui de formidables histoires. Voici une sélection subjective de dix anecdotes sur la vie de cet immense dirigeant du football français.

Ce mardi soir, c’est avec tristesse que les amoureux du football ont appris le décès de Pape Diouf, l’ancien président de l’Olympique de Marseille, à l’âge de 68 ans, à Dakar, au Sénégal. En ce mercredi, vous nous racontons quelques petites anecdotes que, peut-être, vous ne connaissiez pas au sujet de celui qui est né à Abéché, au Tchad.

– Une multitude de petits boulots

Avant d’être le journaliste, l’agent et le président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf a effectué pas mal de petits boulots dans la Cité Phocéenne. Il a tout d’abord été coursier pour entreprise de textile, alors qu’il ne connaissait pas très bien la ville. Il a ensuite été manutentionnaire, pointeur au port de Marseille. Lorsqu’il a été hébergé dans un foyer pour jeunes en difficulté, il a surveillé le réfectoire puis aidé certains pensionnaires dans leurs travaux d’écriture. Il rencontre ensuite, pendant ses cours à l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence, un inspecteur des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) qui pigeait en tant que journaliste à la Marseillaise où il commencera sa carrière. L’American Dream à la marseillaise.

– Lancé par Boli et Bell chez les agents

Lors de l’été 1989, Le Sport, journal où il officiait, s’arrête. Pape Diouf prenait alors un coup sur la tête et refusait certaines offres de journaux comme Nice-Matin ou Le Parisien. C’est à ce moment précis que Joseph-Antoine Bell et Basile Boli l’ont poussé à embrasser une carrière d’agent. Avec quelques règles. La première était de ne jamais signer de contrat de représentation avec ses joueurs et la seconde est que ce n’était pas eux qui le rémunéraient, mais les clubs. Avant de rejoindre l’OM, il avait plus de 70 joueurs dans son sac, avec notamment Marcel Desailly, Laurent Robert, Grégory Coupet, William Gallas, Didier Drogba, et tant d’autres.

– Le harcèlement de Christophe Bouchet

En 2004, alors que son entreprise d’agent sportif se portait à merveille, Christophe Bouchet, alors président de l’OM (entre 2002 et 2004), lui propose le poste de manager général. Le dirigeant aurait alors, selon les dires de Pape Diouf, fait littéralement le siège de son bureau pendant deux mois pour le convaincre arrivant à chaque fois avec de nouveaux arguments. Christophe Bouchet a même essayé d’introduire des amis pour le convaincre d’accepter la proposition, ce que Diouf a finalement fait.

– Le départ de Didier Drogba

En 2004, Didier Drogba vient d’achever son unique et seule saison à l’OM. Pape Diouf, devenu manager général de l’OM, se rend à Yaoundé pour parler avec son attaquant et lui dire que l’offre de Chelsea a été acceptée. Verbatim. « Didier, il fallait que je te parle. Tu es l’objet d’une offre énorme. Je ne te cache pas que le propriétaire du club est d’accord pour te vendre. Maintenant ça dépend de toi. Le club qui a fait cette offre, c’est Chelsea », explique Diouf. « Mais putain, Pape, je n’ai pas envie de partir, je suis trop bien à Marseille », lui répond Drogba. Dans la foulée, le manager général avoue que ça l’embête (en termes un peu plus fleuris) qu’il parte tout en lui écrivant sur une feuille les émoluments auxquels il pouvait prétendre à Londres. « Pape, avec ces sommes-là, je ne peux pas rester. Je suis obligé de partir. Je ne peux pas ne pas partir, sauf si l’OM… », poursuivait l’avant-centre, coupé par Diouf lui expliquant qu’il ne pourrait pas s’aligner.

– L’épisode Jack Kachkar

En 2007, Robert Louis-Dreyfus, propriétaire de l’OM, appelle Pape Diouf lui expliquant qu’il est disposé à vendre le club à un certain Jack Kachkar. Le soir même, le potentiel futur acquéreur de l’OM arrive dans la ville et les journalistes sont devant chez Diouf. Ce dernier appelle une amie pour qu’elle vienne le chercher et se cache sur la banquette arrière pour rencontre le mystérieux Canadien. Il proposait de faire de l’OM une très grande équipe d’Europe et un jour tout le monde s’est mis à concocter une équipe. On pouvait lire notamment les noms de Rooney, Zanetti et Cambiasso. Finalement l’affaire ne s’est pas faite et on a évoqué le terme d’escroc pour Jack Kachkar, qui avait fait la fête avec l’équipe après une victoire contre l’OL. « Quelques années plus tard, celui qui fut le conseiller sportif de Jack Kachkar est revenu vers moi. Nullement découragé, il m’a annoncé que des milliardaires de Dubai voulaient m’approcher pour racheter l’OM. Je ne les ai jamais vus », écrit Pape Diouf dans son livre « C’est bien plus qu’un jeu ».

– Comment il a ramené Didier Deschamps à l’OM

Didier Deschamps et Pape Diouf n’ont pas vraiment travaillé ensemble, mais c’est bien le second qui a amené le premier à l’OM. Pour contacter Deschamps, Diouf a demandé à une collaboratrice de Canal + son numéro, alors qu’il y était consultant. Seul Julien Fournier, à l’époque son bras droit, est au courant. Erik Gerets est sur le départ, mais personne ne le sait encore. La première rencontre a lieu au domicile monégasque du coach puis dans un village, dans une auberge plus précisément, entre Marseille et Monaco. Lucien Favre était alors le second choix de Diouf. Le 1er mai 2009, Deschamps a Robert Louis-Dreyfus au téléphone et tout est bouclé. Diouf fait les présentations à la presse, mais ils ne travailleront pas ensemble.

– Le faux départ de Franck Ribéry

Le 4 août 2006, Franck Ribéry annonce son souhait de quitter l’OM en direct au journal de France 2. A ce moment précis, Pape Diouf explique ce qu’il a pensé : « s’il y avait une chance sur mille de partir, il venait de la perdre. J’ai pris mon téléphone pour appeler Aulas et c’est exactement ce que je lui ai dit. J’étais si agacé que j’ai ajouté que si Ribéry signait à Lyon, je me coupais les couilles et que je les lui servirais ». Pendant la Coupe du Monde 2006, Aulas et RLD se sont un petit peu accrochés, le patron de l’OM disant qu’il ne serrait pas la main aux voyous. Dans la foulée, JMA s’épanchait dans la presse pour évoquer les envies du joueur de rejoindre l’OL. Franck Ribéry est venu voir Diouf et c’est ce dernier qui raconte la suite : « Franck, je vais discuter avec toi, mais avant tout préalable, je veux que tu saches une chose : tu ne partiras pas ! Maintenant que j’ai dit ça, on peut discuter. Mais, je te le répète, quels que soient tes arguments, tu ne partiras pas ». Ribéry a obtenu quelques jours de vacances en plus et un bon de sortie pour l’année d’après. Il quitta alors l’OM pour le Bayern Munich.

– Les Minots de 2006

En mars 2006, Pape Diouf est à Bruxelles, au G14 (le cercle des grands clubs européens), alors que Guy Cazadamont, le responsable de la sécurité l’appelle. En gros, les Marseillais veulent les 2000 places allouées au Parc des Princes tandis que les Parisiens ne veulent en céder que 1000. Pape Diouf appelle Frédéric Thiriez, alors président de la LFP, pour essayer d’obtenir 500 places de plus. Mais un autre problème arrive, les Phocéens seraient placés juste en dessous d’une tribune parisienne, ce qui crée des problèmes de sécurité. Diouf s’engage devant les supporters en disant que si les places ne venaient pas, les dirigeants n’enverraient pas l’équipe. Finalement, c’est José Anigo qui trouve la solution en disant lors d’une réunion : « putain, ces gens-là, on aurait dû leur envoyer l’équipe réserve ». Les minots, qui évoluent en CFA 2, seront envoyés en compagnie de quelques anciens et obtiendront un match nul (0-0).

– La tentative Samuel Eto’o

Après le départ de Didier Drogba, l’OM a un véritable trou en attaque. Pape Diouf décide alors de faire marcher ses réseaux et appelle Samuel Eto’o, alors avant-centre de Majorque : « fils, il faut que tu viennes à l’OM ». L’international camerounais lui répond alors quelque chose de très clair. « Écoute, à toi je peux bien le dire. Je laisse les gens parler, mais je n’irai nulle part ailleurs qu’à Barcelone. Avec le Real, je mène un vrai combat et je ne céderai pas. Papa, j’irai au Barça, je ne veux pas te faire perdre ton temps », lui rétorque alors Eto’o. Pape Diouf n’insistera pas plus et l’OM ne verra donc jamais le Camerounais porter sa tunique.

– La lutte avec Jean-Michel Aulas pour Hatem Ben Arfa

Après un match entre l’OM et l’OL (1-2), Pape Diouf avoue qu’il serait intéressé par Hatem Ben Arfa, entré en jeu en seconde période. Les négociations commencent alors et Pape Diouf est surpris par plusieurs choses, notamment les sommes différentes lors des formalisations, alors qu’il y avait eu des accords sur les conditions. Finalement, il refusé d’accepter ce revirement et cela s’est fini devant la commission juridique de la Ligue. L’OM obtiendra finalement Ben Arfa et Diouf dira de JMA : « d’un côté, l’homme retors prêt à tout pour défendre les intérêts de son club, y compris mentir sans sourciller puisque chez lui le mensonge est une arme essentielle dans la négociation comme dans le lobbying. Et de l’autre côté, un homme affable, qui accepte à la fois d’encaisser et de donner ».

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