Le président de la République franchit un palier décisif dans sa stratégie de transparence publique et de reddition des comptes. Bassirou Diomaye Faye projette de faire de la déclaration de patrimoine une pièce maîtresse et obligatoire du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Loin d’être un simple vœu pieux, cette formalité deviendrait un critère éliminatoire : toute omission ou absence du document entraînerait d’office l’irrecevabilité de la candidature.
Cette exigence renforcée, que le chef de l’État ambitionne de graver dans la Constitution et le Code électoral, imposera à chaque aspirant à la magistrature suprême de déposer un état détaillé de ses biens dès sa déclaration de candidature.
Défendant cette orientation devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice a rappelé que cette initiative traduit la doctrine de gouvernance prônée par le Président : un pouvoir fondé sur l’éthique, la responsabilité et l’intégrité. Déjà lors de la plénière du 29 juin 2026, Bassirou Diomaye Faye avait plaidé pour un traitement plus équitable et exigeant envers les plus hautes autorités de l’État.
Le projet présidentiel prévoit d’ailleurs un maillage serré du mandat : la déclaration devra obligatoirement être rendue publique à deux étapes charnières — lors de la prise de fonction et au moment de la cessation des charges.
Mais le pouvoir ne compte pas s’en tenir aux seuls prétendants au fauteuil présidentiel. Bassirou Diomaye Faye entend élargir le spectre de cette transparence obligatoire au Premier ministre ainsi qu’au président de l’Assemblée nationale, afin de mettre l’ensemble du sommet de l’exécutif et du législatif aux mêmes standards.
Si elle venait à être adoptée, cette réforme transformerait la déclaration de patrimoine : d’un simple outil de contrôle a posteriori, elle deviendrait le premier filtre démocratique imposé à quiconque convoite la direction du pays.




