Il reproche aussi à certains membres d’avoir traité l’ancien président de criminel et des membres de son gouvernement de voleurs, sans aucune décision de justice.
Convoqué ce vendredi par la Commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », le député et ancien ministre Cheikh Oumar Hann a choisi de ne pas se présenter. Dans une lettre adressée au président de la Commission, il justifie ce refus par des raisons de principe et remet en cause l’impartialité de la démarche.
Cheikh Oumar Hann dit agir par respect des institutions et par souci de décence républicaine. Il vise directement un membre de la Commission, qu’il accuse d’avoir arraché l’urne de vote dans l’hémicycle en 2022. Il reproche aussi à certains membres d’avoir traité l’ancien président de criminel et des membres de son gouvernement de voleurs, sans aucune décision de justice. Selon lui, ceux qui ont banalisé l’invective ne peuvent pas aujourd’hui donner des leçons d’exemplarité.
« Non à un procès en sorcellerie »
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur rappelle son parcours : cinq ans au gouvernement, douze ans comme directeur général, deux mandats de député, douze ans comme maire et plus de trente ans à l’université. Il se dit attaché au contrôle parlementaire. Il refuse toutefois que ce contrôle serve à régler des comptes avec les anciens responsables de l’administration précédente, et dénonce le caractère sélectif des commissions d’enquête.
Cheikh Oumar Hann invite la majorité à appliquer d’abord la transparence à sa propre gestion. Il demande l’examen de plusieurs dossiers : les dépenses de l’Assemblée nationale et l’achat de ses véhicules, les 5 milliards FCFA destinés aux victimes des événements de 2021 à 2024, les 8 milliards FCFA prévus pour les sinistrés de Bakel, Matam et Podor, l’affaire ASER portant sur 37 milliards FCFA, ainsi que le fonds Jamm pour la Casamance.
Sur le programme visé par l’enquête, il estime que la convention de partenariat et les procédures déjà disponibles suffisent à éclairer les députés. Il assure enfin que son refus n’est pas une manière d’échapper à l’obligation de rendre compte, mais une exigence de cohérence avec les principes républicains qu’il dit défendre.



