Accueil Justice Affaire Keylor : de nouvelles charges retenues contre l’influenceur en détention

Affaire Keylor : de nouvelles charges retenues contre l’influenceur en détention

Le dossier porte également sur des faits présumés de diffamation, de collecte illicite de données à caractère personnel, d’incitation à la discrimination raciale et d’appel à la haine.

Papa Saliou Ciss, alias « keylor », a passé sa première nuit en prison. Déféré par la Sûreté urbaine (SU), le créateur de contenu de 30 ans a été placé sous mandat de dépôt et doit être jugé mercredi. Selon Libération, le parquet a élargi les charges retenues contre lui en ajoutant la diffusion de fausses nouvelles aux accusations initiales.

Le dossier porte également sur des faits présumés de diffamation, de collecte illicite de données à caractère personnel, d’incitation à la discrimination raciale et d’appel à la haine.

Plainte de la Fédération nationale des boutiquiers

À l’origine de cette procédure, une plainte d’El Hadji Boubacar Ba, président de la Fédération nationale des boutiquiers pour la modernisation (FNBM). Le plaignant accuse l’administrateur du compte TikTok « @keylor1004 » d’avoir diffusé des vidéos évoquant un prétendu boycott de produits locaux par certains commerçants.

Les publications incriminées concerneraient notamment les eaux Kirène, Séo et Casamançaise, ainsi que le sucre produit au Sénégal. Selon le président de la FNBM, ces vidéos porteraient atteinte à la réputation des commerçants et pourraient attiser les tensions entre commerçants sénégalais et étrangers. 

Le plaignant soutient par ailleurs que les pénuries constatées s’expliqueraient par des difficultés d’approvisionnement, et non par un boycott organisé.

Entendu par les enquêteurs en présence de ses avocats, Kaylor a reconnu être l’auteur des vidéos contestées. Il réfute toutefois les intentions qui lui sont prêtées et affirme avoir voulu attirer l’attention des autorités sur la disponibilité des produits locaux et la protection des consommateurs.

Concernant les accusations de boycott, il assure n’avoir formulé aucune affirmation catégorique, mais avoir simplement évoqué cette possibilité.

Le créateur de contenu affirme également que les commerçants filmés étaient informés de ses prises de vue. Il précise avoir flouté les visages dans l’une des vidéos.

Enfin, Kaylor rejette toute intention haineuse. Il soutient que ses publications visaient uniquement à défendre les consommateurs et à interpeller les autorités compétentes, se présentant comme un lanceur d’alerte qui ne cherchait à stigmatiser aucune communauté

Le tribunal devra examiner les faits reprochés au créateur de contenu lors de son audience prévue mercredi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici