Dans sa déclaration sur l’affaire du projet d’électrification rurale de l’ASER, Thierno Alassane Sall a consacré une partie de son intervention à ce qu’il considère comme les responsabilités des autorités sénégalaises face aux alertes qui entouraient le dossier.
L’ancien ministre a notamment cité l’actuel Premier ministre, rappelant que celui-ci, alors Secrétaire général du gouvernement, avait reçu Banco Santander le 26 décembre 2024. « Tous savaient », a affirmé Thierno Alassane Sall, soutenant que les autorités sénégalaises disposaient d’indices forts et de signalements insistants de la part de leurs partenaires espagnols concernant de possibles détournements des fonds destinés au projet d’électrification rurale.
Selon lui, malgré les alertes émises par Banco Santander et la suspension des décaissements décidée par la CESCE, aucune action n’a été entreprise contre AEE Power EPC pour déterminer l’utilisation des ressources décaissées.L’ancien ministre a également affirmé que l’État sénégalais avait « déployé toute sa machine » pour faire pression sur Banco Santander et la CESCE afin d’obtenir la levée de la suspension des décaissements.« C’est comme si un crime se déroulait sous les yeux de la police et que celle-ci, plutôt que d’arrêter le criminel comme l’y invite la clameur publique, lui frayait un chemin pour s’échapper », a déclaré Thierno Alassane Sall.
Selon lui, l’attitude des autorités « s’apparente à une complicité consciente et délibérée ». Il s’est interrogé sur l’absence de sommation adressée à AEE Power EPC, sur la non-activation des garanties prévues dans le contrat et sur l’absence de mise en demeure malgré l’absence constatée de chantiers. « Deux ans après, le responsable d’AEE Power EPC s’est volatilisé avec nos 37 milliards. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien, par action ou par inaction, d’autorités du Sénégal », a-t-il déclaré.
Thierno Alassane Sall estime que l’enquête devra désormais établir « qui a protégé José Angel Gonzalez Tausz, et pour quel intérêt ».
IDY SOW




