Au-delà des révélations purement financières, Thierno Alassane Sall a consacré une large partie de son intervention face à la presse ce vendredi 12 juin 2026 à dénoncer ce qu’il considère comme une volonté délibérée d’étouffement du dossier des 37 milliards de francs CFA. Le député a tenu à rendre hommage à plusieurs acteurs de la vie publique qui ont, selon lui, subi de lourdes conséquences pour avoir osé aborder cette affaire de corruption présumée. Il a notamment cité le cas du journaliste Adama Gaye, contraint à l’exil, ainsi que celui de Pape Mahawa Diouf, qui a connu des démêlés judiciaires après avoir publiquement évoqué les zones d’ombre du dossier.
Le parlementaire a également salué le travail d’investigation récent du journaliste Bachir Fofana, auteur d’un ouvrage consacré à ce scandale, un document qu’il juge « essentiel pour comprendre un dossier particulièrement complexe ». Thierno Alassane Sall a déploré le fait que les autorités sénégalaises aient pendant longtemps opposé une fin de recevoir à ses requêtes, refusant de fournir les informations demandées malgré les nombreuses interrogations légitimes soulevées autour du projet d’électrification rurale.
Après plusieurs démarches administratives restées sans réponse au niveau national, le leader de la République des Valeurs affirme avoir saisi officiellement le Pôle judiciaire financier (PJF) du Sénégal avant de porter directement l’affaire devant les juridictions espagnoles en janvier 2026. « Un mois plus tard, la justice espagnole demandait déjà des explications à la banque Santander et à l’entreprise concernée », a-t-il souligné avec insistance. Pour le parlementaire, cette réactivité des magistrats ibériques contraste sévèrement avec l’inertie observée au Sénégal. « La justice espagnole disposait de beaucoup moins d’informations de départ que les autorités sénégalaises, et pourtant elle a agi avec une rapidité exemplaire », a-t-il déclaré devant l’assistance.
En conclusion, l’ancien ministre de l’Énergie estime que cette procédure judiciaire transfrontalière constitue aujourd’hui l’une des principales sources d’information fiables permettant de mettre à jour le circuit financier réel du projet et de briser l’omerta qui l’entourait.



