La réplique ne s’est pas fait attendre. Mis en cause par le Premier ministre au sujet de l’accord d’entreprise de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Racine Talla, ancien directeur général de l’organe éditorial public et maire de Wakhinane Nimzatt, apporte une mise au point musclée.
L’ex-patron de la RTS dénonce d’emblée une manœuvre de distraction : « Le Premier ministre m’accuse d’avoir signé l’Accord d’entreprise de la RTS avec la claire conscience que l’incidence financière n’était pas soutenable pour l’entreprise. Des déclarations fracassantes à outrance pour masquer des failles d’une gouvernance marquée par la tergiversation, l’approximation, le populisme et une bonne dose de politique politicienne. »
Une conditionnalité claire et respectée
Afin d’éclairer l’opinion publique, Racine Talla rappelle la chronologie rigoureuse des actes administratifs qui ont précédé la finalisation de ce texte social. Il précise que le processus remonte à 2022 avec la délibération du Conseil d’administration actant les augmentations salariales et les avantages pour les agents, assortis d’une conditionnalité explicite liée au cadre légal.
« La chronologie des actes ayant abouti à la signature remonte à l’année 2022 avec la délibération du Conseil d’Administration qui acte les augmentations des salaires et autres avantages pour le personnel. Avec une conditionnalité explicite : la signature du décret de financement de l’audiovisuel public adossé au Code de la Presse qui est une Loi », explique l’ancien directeur général.
Il souligne que « ce décret indiquait clairement la source de financement des incidences financières de l’Accord d’entreprise. Donc c’est seulement après la délibération du Conseil d’administration de 2022 et la signature du décret de financement de l’audiovisuel par le Président de la République en 2024 que le DG a accepté de signer l’accord d’entreprise, après plus de 7 ans de négociations ».
Refusant les formules à l’emporte-pièce sur la gestion passée de l’audiovisuel public, Racine Talla conclut en rappelant les règles de la charge républicaine : « Un DG ne règne pas, il est nommé par décret pour un mandat social. Parler de fin de règne c’est mal nommer les choses, donc c’est ajouter au malheur du monde… »

