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« Un étudiant, un ordinateur » : la méthode de l’enquête parlementaire fait polémique

Les premières auditions de la Commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » suscitent de vifs débats sur la méthode, la transparence et le cadre juridique, rapporte L’Observateur. Lancées pour faire la lumière sur les responsabilités et l’utilisation des fonds publics, elles ont notamment conduit à l’audition de quatre responsables et anciens responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) : Mountaga Dia, ancien coordonnateur de la Cellule de passation des marchés ; Abdou Kadri Diatta, président de la Commission de passation des marchés ; Cheikh Diop, Inspecteur des Affaires administratives et financières ; et Saliou Abdoulaye Ngom, Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE)n rappelle la même source. 

Devant la commission, renseigne le journal, Mountaga Dia a indiqué n’avoir été ni saisi ni impliqué dans le programme durant ses fonctions, le découvrant lors d’une réunion de programmation budgétaire avant d’y être associé en 2025. Une position partagée par Abdou Kadri Diatta, qui a précisé que le dispositif, absent du plan de passation des marchés publics, ne relevait pas du circuit de sa commission. Nommé en 2026, l’inspecteur Cheikh Diop a quant à lui découvert le dossier dans le cadre d’une mission d’enquête confiée par le ministre sur les allocations de 250 000 FCFA accordées aux étudiants, dont le rapport a été transmis à ce dernier. Enfin, le DAGE Saliou Abdoulaye Ngom, en poste depuis septembre 2025, a affirmé n’avoir eu connaissance du programme qu’à l’occasion d’une réunion de programmation budgétaire, soulignant que la DAGE n’intervient directement que sur le volet des allocations de 250 000 FCFA.

Au-delà de ces auditions, qui mettent en lumière les zones d’ombre du circuit administratif, embraie le quotidien du Groupe futurs médias (Gfm), c’est la forme qui alimente les controverses, à commencer par la retransmission en direct des travaux, présentée comme une pratique inédite. Cette exposition publique divise profondément les observateurs.

D’un côté, l’ancien député Babacar Gaye, cité par le titre de Gfm, émet de sévères critiques, pointant du doigt la maîtrise technique des questions par les députés et la légalité de la démarche. S’appuyant sur le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il estime que la diffusion en direct viole le secret qui s’impose aux commissions d’enquête, lesquelles doivent, par principe, se dérouler à huis clos. Il rappelle également que les pouvoirs d’investigation des députés ne sont pas illimités et doivent respecter les secrets protégés par la loi.

De l’autre, Senghane Senghor, président de la Convergence africaine pour la démocratie et les droits humains (Sen Caddhu), nuance cette lecture. Il rappelle que le nouveau Règlement intérieur adopté en 2025 prévoit la possibilité de retransmettre les débats d’une commission d’enquête, sous certaines conditions et sur décision du bureau. S’il salue l’étendue des prérogatives d’investigation conférées aux parlementaires, il concède néanmoins que la procédure soulève de nombreuses interrogations et avertit : « Tout semble montrer qu’on a foulé aux pieds les procédures ».

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