Un ancien journaliste de la BBC démonte le procédé de l’enquête effectuée par Mayeni Jones

Ancien journaliste à la BBC et membre du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), Ibrahima Sané commente les révélations de BBC Panorama sur le scandale à 10 millions de dollars.

Pour Sané, la journaliste de la BBC qui a réalisé l’enquête portant sur le scandale de l’exploitation du pétrole et du gaz a commis beaucoup de manquements dans la conception du documentaire et dans la collecte de l’information.

« Dans son conducteur, il n’y a eu que des thèses. Il n’y a pas d’antithèse. S’il y a ces défauts, le public doit être au courant qu’elle a tenté de joindre Aliou Sall. Nulle part, elle ne dit nous avons tenté d’avoir Aliou Sall face à la caméra. Je n’ai pas vu quelque part où elle annonce qu’Aliou Sall a décliné l’invitation de venir s’exprimer. Je n’ai vu nulle part où elle annonce qu’elle a tenté de joindre quelqu’un qui apporte une antithèse. Elle aurait dû le dire dans le documentaire. C’est cela qui est correcte. Et, en ne le faisant pas, elle a fauté. C’est une faute professionnelle », a constaté Ibrahima Sané, l’invité de l’émission Jury du dimanche sur Iradio (90.3).

Poussant son analyse plus loin, Ibrahima Sané s’étonne même de voir que la journaliste n’a pas interrogé le représentant de BP au Sénégal malgré tout le temps qu’a duré la production de l’enquête. « Comment pendant un an elle a mené son enquête et n’a pas pu prendre rendez-vous avec le patron de BP. A supposer qu’elle n’ait pas obtenu ce rendez-vous, mais qu’elle le dise dans le documentaire », fait remarquer l’ancien journaliste.

Qui, toujours par rapport aux manquements relevés, pense qu’il y a un sentiment qui se dégage de manque de distance de la journaliste vis-à-vis des faits. « C’est-à-dire qu’on a le sentiment que la religion de la journaliste est faite et qu’elle va chercher la confirmation de ses convictions. Elle est allée démontrer une chose dont elle est convaincue et c’est cela le problème. Ce n’est pas au journaliste de tirer des conclusions. J’ai du mal à croire que même le bureau national de BP a refusé de lui donner une interview. On ne sait pas la vérité dans cette affaire. Or, on aurait pu savoir la vérité s’il y avait une confrontation directe de ces choses-là », soutient-il.

emedia

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