Réuni en conclave à Saly, le Conseil d’Administration du Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, a publié ce dimanche 20 septembre 2026 une déclaration. L’organisation y exprime sa « vive préoccupation quant à l’exercice de la transparence dans la gestion des affaires publiques » et demande aux autorités étatiques d’éclairer la lanterne des Sénégalais sur plusieurs affaires d’envergure.
Selon la déclaration, « l’opinion publique reste dans l’attente d’éclairages sur plusieurs dossiers à incidence financière et socio-économique ». L’organisation dresse ainsi une liste de huit points d’ombre nécessitant des explications claires de la part des autorités tels que celui lié à un marché d’électrification rurale impliquant une avance de démarrage estimée à près de 37 milliards de francs CFA, l’éclaircissement sur les « 30 milliards de francs CFA de « Kosmos Energy-État du Sénégal » » mentionnés lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, le suivi des fonds annoncés par la ministre sortante de la Famille et des Solidarités pour indemniser les victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, la clarification des conditions d’acquisition des véhicules de l’Assemblée nationale, la lumière sur l’utilisation présumée des fonds « Diam » de la Casamance dans l’achat de véhicules pour la Primature, les conditions de cession de véhicules saisis par l’Office au profit d’une autorité publique, le bilan d’utilisation des 8 milliards de francs CFA débloqués en octobre 2024 pour venir en aide aux populations sinistrées des crues du fleuve Sénégal (Bakel, Matam et environs) et un encadrement rigoureux de ces enveloppes financières.
Face à ces interrogations, le Forum Civil appelle formellement l’État du Sénégal à entreprendre des actions concrètes pour garantir la transparence. L’organisme demande notamment : « La publication du Contrat qui liait l’état du Sénégal à Kosmos Energy relatif au gisement gazier Yaakar Teranga et les termes de l’accord de retrait signés entre l’Etat du Sénégal et Kosmos. »
L’organisation exige également la publication intégrale des revenus pétroliers du gisement de Sangomar pour le second semestre 2024. Selon le communiqué, ces recettes restent à ce jour « non retraçables ni dans le budget de l’Etat, ni dans les rapports semestriels d’exécution budgétaires […], ni dans le rapport ITIE 2024 », ce qui constituerait un manquement à la loi 2022-09 du 19 avril 2022 et à l’article 55 du Code pétrolier.
Outre la tenue d’assises nationales inclusives sur la gouvernance des ressources naturelles, la section sénégalaise de Transparency International recommande de faire de la reddition des comptes un axe prioritaire et de faciliter l’accès à l’information publique. En conclusion de son communiqué, le Conseil d’Administration exhorte l’État à respecter scrupuleusement le calendrier électoral.




