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Touba : Les remontrances cinglantes du porte-parole du Khalife contre l’État

Serigne Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre
Serigne Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre

Le porte-parole du Khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre, a appelé à une réévaluation des investissements de l’État à Touba, jugés largement insuffisants. Il souligne l’impact économique considérable de la ville, notamment lors du Grand Magal, sur l’économie nationale.

La traditionnelle visite de l’administration territoriale au Khalife général des Mourides, effectuée vendredi 29 mai 2026 à Touba, au lendemain de la Tabaski, a été marquée par une prise de parole ferme du porte-parole du guide religieux, Serigne Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre, en présence du gouverneur de Diourbel, Ibrahima Fall.

À cette occasion, le porte-parole du Khalife a plaidé pour une réévaluation des investissements de l’État dans la cité religieuse, estimant que les ressources allouées restent en deçà de la contribution économique de Touba au niveau national. « C’est un secret de polichinelle, l’apport considérable de Touba dans l’économie nationale est incommensurable, aujourd’hui plus que jamais », a-t-il déclaré, soulignant la place centrale du Grand Magal dans les flux économiques et financiers du pays.

Il a indiqué que les retombées du Grand Magal dépasseraient les 3 000 milliards de francs CFA, évoquant une mobilisation massive de fidèles et d’activités économiques à l’échelle nationale et internationale. Selon lui, Touba constitue également un pôle majeur de consommation d’énergie et de services financiers : « Si vous interrogez la Senelec, Touba est aujourd’hui leur premier et meilleur client », a-t-il affirmé, ajoutant que les institutions bancaires y enregistrent des volumes importants de transactions. Le porte-parole a également estimé qu’une part significative des marchandises importées transiterait par la ville, renforçant son poids dans les recettes nationales.

Un investissement public jugé insuffisant

Dans ce contexte, il a qualifié d’« insignifiant » le niveau d’investissement public estimé à 20 milliards de francs CFA dans la cité religieuse. « Vingt milliards, c’est insignifiant si on fait cette comparaison », a-t-il lancé, estimant que l’écart entre la contribution économique de Touba et les financements publics constitue un déséquilibre structurel. Sur le plan des services sociaux, Serigne Cheikh Bassirou Mbacké Abdou Khadre a évoqué les difficultés persistantes liées à l’accès à l’eau, aux infrastructures routières et à l’éducation.

Concernant l’eau, il a rejeté l’idée selon laquelle la gratuité serait la cause principale des tensions sur la ressource, pointant plutôt un déficit d’investissements structurels. Dans le domaine éducatif, il a estimé que Touba ne bénéficie que d’environ 3 % du budget national de l’éducation et de l’enseignement supérieur, soit environ 100 milliards de francs CFA. Il a également déploré la dégradation du réseau routier dans la ville, malgré son statut et son importance démographique.

Tout en reconnaissant la complexité de la mission des autorités administratives, le porte-parole du Khalife a invité l’État à revoir sa politique d’investissement à l’égard de Touba. « Votre mission n’est pas du tout aisée, mais dites-vous que vous vous en tirez bien malgré tout », a-t-il déclaré, avant d’appeler à une prise en compte plus équitable du poids économique de la cité religieuse dans les politiques publiques nationales.

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