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Touba : faux pharmacien depuis 31 ans, il brandit à la barre une autorisation du…

Poursuivi une nouvelle fois pour exercice illégal de la pharmacie, T. Cissé, 57 ans, a été interpellé à Touba par les gendarmes de la Brigade de proximité, qui le suivaient depuis plusieurs semaines. Il a été arrêté avec cinq cartons de médicaments dans son véhicule.

Selon L’Observateur, qui a assisté à l’audience devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel, le prévenu, qui se présentait comme pharmacien depuis 31 ans, ne possède pourtant « ni diplôme ni autorisation pour exercer ».

Déjà condamné le 16 décembre 2025 par le même tribunal pour des faits similaires, il a reconnu être le propriétaire des produits saisis. Affirmant d’abord qu’ils étaient destinés à un parent malade devant subir une intervention chirurgicale, il n’a pu fournir aucun justificatif et a fini par admettre les avoir achetés au « marché Ocass de Touba ».

À la barre, T. Cissé s’est défendu : « J’ai exercé pendant 31 ans la profession de pharmacien à Touba sur autorisation du Khalife des mourides, du fait qu’il n’existait pas d’officines, comme c’est le cas aujourd’hui. » Il a toutefois reconnu : « Je sais que je n’ai pas suivi des études de pharmacien, ni les compétences, encore moins les prérogatives pour exercer une telle profession. »

Le procureur Papa Khalit Fall a requis trois ans de prison ferme et 500 000 FCFA d’amende, en insistant sur les risques pour la santé publique : « Le médicament dans des mains inexpertes devient un danger. Le prévenu ne remplit aucun critère. »

De son côté, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, constitué partie civile par la voix de Me Dabo, a qualifié ces agissements de « faits gravissimes » commis par un « récidiviste », réclamant 10 millions de dommages et intérêts. La défense a quant à elle plaidé la requalification des faits, soutenant que « la matérialité ne démontre pas qu’il s’agit de faux médicaments », et a demandé la relaxe ou, subsidiairement, une application bienveillante de la loi.

Délibéré, ce jeudi 8 octobre, conclut L’Observateur.

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