Les suggestions de Habib Sy sur la privatisation annoncée de la Sonacos Sa

Dans un communiqué parvenu à la rédaction, le comité de stratégie du Parti Espoir et Modernité(PEM)/Yaakaar u Réew Mi, dirigé par l’ancien directeur de cabinet de l’ex-chef de l’Etat, Habib Sy, a proposé une quinzaine de mesures pour que, s’il devait y avoir privatisation de la Sonacos, celle-ci connaisse un franc-succès.

Communiqué
Dans le cadre de l’instrument de soutien à sa politique économique, le gouvernement du Sénégal s’est engagé auprès du FMI à privatiser la Sonacos Sa, au courant de l’année 2018.

Pour le Comité de Stratégie du Parti Espoir et Modernité (PEM)/Yaakaar u Réew Mi, dirigé par monsieur Habib Sy, la Sonacos Sa, dont les usines sont destinées principalement à la transformation de l’arachide- première culture de rente au Sénégal est un outil industriel de souveraineté nationale, au même titre que les minerais, le pétrole, le gaz, l’électricité et l’eau entre autres.

Qui plus est, l’arachide est devenue aussi une culture vivrière au Sénégal. Le Comité de Stratégie exprime sa préoccupation relativement à cet engagement du gouvernement, compte tenu des échecs précédents dans le secteur.

Sans prétendre remettre en cause l’option de privatisation de l’entreprise, en raison particulièrement de l’adhésion de notre parti à l’idéologie et à la doctrine du libéralisme social et solidaire, le Comité de Stratégie du PEM /Yaakaar u Réew Mi tient cependant, à exprimer avec vigueur, son opposition à toute privatisation de la Sonacos Sa, contraire aux intérêts du paysan, de l’Etat du Sénégal et du personnel de la société.

Le PEM/Yaakaar u Réew Mi n’étant pas un parti de critiques improductives, suggère quelques axes pouvant préserver les intérêts du paysan, de la nation, de l’Etat et du personnel.

Des axes pour une privatisation réussie de la Sonacos sa :

1-L’Etat doit susciter, encourager et soutenir une manifestation d’intérêt du secteur privé sénégalais ;

2-Le cas échéant, l’Etat doit accorder une préférence nationale aux opérateurs privés sénégalais qui auront satisfait aux prescriptions du cahier des charges, voire favoriser une association entre un repreneur stratégique étranger avec un ou des opérateurs privés nationaux.

3-Les organisations professionnelles faitières doivent être impliquées dans le processus de privatisation ;

4-Le repreneur doit souscrire un engagement ferme et irrévocable à participer à la promotion et au développement des cultures de l’arachide (huilerie et de bouche) en collaboration avec l’Etat et les organisations paysannes, notamment :
– participer à la reconstitution du capital semencier par la signature de protocoles d’accord avec l’ISRA, l’ANCAR et les organisations paysannes compétentes ;
– commencer à temps utile les campagnes de production (facilitations et garanties pour l’obtention des crédits pour les semences, les engrais, le matériel agricole etc.) et, de commercialisation, pour éviter que les paysans ne bradent leurs productions ;
-remettre à niveau tout le matériel d’appui à la collecte et à la commercialisation (seccos, bascules, égreneuses…) ;
-concevoir un système d’achat au producteur permettant d’atténuer, voire supprimer définitivement l’intervention négative d’intermédiaires. Le modèle de la Sodefitex en ce qui concerne l’accompagnement des producteurs et la commercialisation du coton pourrait être une référence ;

5-Le repreneur doit s’engager à acheter la quantité d’arachide nécessaire et suffisante pour le fonctionnement progressif de toutes les usines de transformation ;

6-Le repreneur doit s’engager, avec le soutien de l’Etat, à commercialiser l’huile d’arachide produite par les usines sur le marché sénégalais ;

7-Au cas où la privatisation est faite au profit exclusif d’un opérateur privé sénégalais, l’Etat doit s’engager à accompagner le repreneur pour la commercialisation de l’huile d’arachide sur le marché international et le protéger contre les lobbies de ce marché ;

8- Le repreneur doit s’engager à préserver tous les emplois de l’entreprise, à l’exception des postes dont le personnel souhaiterait un départ négocié ;

9- L’Etat doit s’engager à entreprendre des négociations avec le repreneur, pour affecter au prix au producteur une partie des subventions du secteur de l’agriculture.
L’objectif sera d’amener le prix du kilogramme d’arachide à cinq cent (500) CFA, voire plus, dans un délai de trois(03) ans, après la privatisation ;

10-Le repreneur doit s’engager à céder une partie des actions aux organisations de producteurs d’arachide, dans un délai à déterminer en fonction des investissements de départ ;

11-l’Etat doit s’engager à accompagner le repreneur pour la professionnalisation de la filière, dans un délai de deux (02) ans, pour faciliter la coopération entre celui, les producteurs et les autres acteurs de la chaîne de valeur;

12- l’Etat et le repreneur doivent s’engager pour l’élaboration et la mise en œuvre d’une méthode d’évaluation de la privatisation, à la fin de chaque campagne de commercialisation, pour redresser et corriger d’éventuelles pratiques préjudiciables aux intérêts des paysans.
13– Le ministère en charge de l’agriculture doit être le maître d’œuvre des négociations avec le repreneur, plutôt que le ministère en charge des finances.
Le comité de stratégie du PEM/Yaakaar u Réew Mi lance un appel à tous les paysans, agriculteurs, personnel de l’entreprise, syndicats, partis politiques, économistes, étudiants et membres de la société civile, à prêter dès à présent une attention particulière au processus de privatisation de la Sonacos Sa, et contribuer par la réflexion et si nécessaire par des actions légales, à l’édification de stratégies pour protéger et préserver les intérêts du Sénégal.

Le comité de stratégie du Parti Espoir et Modernité(PEM)/Yaakaar u Réew Mi

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