Le mouvement « Gueum Sa Bopp », dirigé par Bougane Guèye Dany, a vivement critiqué le parti Pastef, l’accusant de manipuler la justice à des fins politiques dans le cadre de la loi sur l’amnistie. Selon les cadres de ce mouvement, Pastef adopte une « lecture tendancieuse » de la justice, ce qui, à leurs yeux, constitue une atteinte grave à l’égalité des citoyens devant la loi.
Dans un communiqué, « Gueum Sa Bopp » reproche à Pastef de défendre de manière sélective les auteurs présumés de violences publiques, de destructions de biens, d’assassinats ou encore d’incendies criminels, souvent liés aux programmes de l’UCAD ou aux bus de Dakar Dem Dikk. Le mouvement cite des chiffres accablants : 83 morts lors des émeutes de 2021, attribuées à des cocktails Molotov et à des actes de carnage humain. Ces violences ont également causé la mort du ministre Moustapha Ba et de plusieurs gendarmes, ainsi que des profanations de l’image de figures religieuses. « Gueum Sa Bopp » s’indigne que Pastef semble minimiser ces actes en les qualifiant de « mission d’enquête », tout en dénonçant une justice à deux vitesses.
Le mouvement accuse Pastef de défendre régulièrement les autorités impliquées dans des actions « grotesques », tout en se servant de la justice pour protéger ses propres militants. « Cette position implique une justice à deux vitesses, où le pouvoir en place protège ses alliés », déplore « Gueum Sa Bopp ». Le mouvement appelle à une justice impartiale et à une application stricte de la loi, notamment en ce qui concerne l’amnistie votée le 2 avril par l’État.
« Gueum Sa Bopp » va plus loin en interpellant des instances internationales comme les Nations Unies, l’Union européenne, l’ambassade des États-Unis et les organisations de défense des droits humains. Il les exhorte à se pencher sur ce qu’il qualifie de « criminels au pouvoir » au Sénégal, dénonçant une responsabilité « avérée » de Pastef dans les violences verbales et physiques. Le mouvement met en garde contre une instrumentalisation de la justice qui, selon lui, pourrait limiter l’accès à une justice équitable pour les Sénégalais.
« Gueum Sa Bopp » appelle à une mobilisation citoyenne pour garantir une justice indépendante et impartiale, loin des influences politiques. « Le Sénégal ne doit pas céder à des pratiques qui favorisent l’arbitraire », insiste le mouvement.