Quand Ebola se retrouve au cœur de la stratégie chinoise en Afrique de l’Ouest

Quand Ebola se retrouve au cœur de la stratégie chinoise en Afrique de l’Ouest

Lors de sa visite l’été dernier en Afrique de l’Ouest, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a été reçu en véritable chef d’Etat. La Chine qui a déboursé plus de 121 millions de dollars pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en a profité pour renforcer ses liens avec les trois pays les plus touchés : la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia. Martelant à chacune de ses rencontres que son pays « était là pour longtemps et prêt à poursuivre son aide dans l’après-Ebola », le chef de la diplomatie chinoise a sévèrement critiqué les pays occidentaux qui, selon lui, ont abandonné la région en pleine crise.

Même discours à New York. Le président chinois a rencontré son homologue sierra-léonais en lui glissant : « C’est dans le besoin que l’on reconnaît ses amis ». Un dicton qui devrait longtemps coller aux relations entre la Chine et l’Afrique de l’Ouest. « Après l’éruption de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone en 2014, la Chine a immédiatement répondu à l’appel du président Koroma, en envoyant une aide médicale d’urgence et en jouant un rôle exemplaire et de premier plan pour la communauté internationale », a déclaré le président Xi Jinping du haut de sa nouvelle stature africaine.

La Chine s’est ainsi engagée à améliorer le système de santé en créant un centre de prévention et de contrôle des maladies tropicales. Au Liberia, Pékin construira une autoroute pour remplacer la route chaotique menant à la Côte d’Ivoire. Les Chinois offrent aussi un gigantesque bâtiment officiel qui abritera dix ministères à Monrovia. Plus au nord, la Guinée a elle aussi salué ce nouvel ami chinois.

Pas d’abandon des chantiers

En pleine épidémie, les ouvriers chinois sont en effet les seuls étrangers à n’avoir pas quitté le pays. Les employés de l’entreprise publique China International Water & Electric Corp. (CWE) ont travaillé malgré la crise sanitaire pour terminer le plus grand barrage hydroélectrique du pays. Le barrage de Kaleta a ainsi pu être inauguré en juillet 2015 avec un an d’avance sur le calendrier ! Un chantier vital dans ce pays qui connaît une pénurie constante d’électricité. Désormais, 240 mégawatts au total vont alimenter en courant électrique l’ensemble des quartiers de la capitale Conakry.

Lire aussi : Première semaine sans nouveau cas d’Ebola en Afrique de l’Ouest depuis mars 2014

Grâce aux travaux réalisés par les entreprises chinoises, les préfectures de Dubréka, Coyah, Kindia, Forécariah, Fria ont également le courant depuis cet été. Le coût de construction de ce barrage est estimé à plus de 440 millions de dollars, avec une participation de la Guinée évaluée à 25 % contre 75 % financés par l’Eximbank de Chine. Un tiers de l’électricité générée à Kaleta sera exporté vers les pays voisins, la Gambie, le Sénégal et la Guinée-Bissau.
 

Depuis, les contrats pleuvent pour Pékin. Le géant des télécommunications Huawei va installer quatre mille kilomètres de fibre optique pour l’internet haut débit dans le pays. Au nord, la mine de bauxite de Boke – exploitée par China Hongqiao Group – tourne à plein régime avec l’inauguration il y a trois mois du port construit en moins d’un an par une entreprise chinoise. Enfin, l’hôtel Kaloum, le plus grand immeuble du pays, a été inauguré en septembre en grande pompe. Un bâtiment de dix-huit étages construit par la société chinoise GMC et qui surplombe les mangroves de la péninsule.

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