PORTABILITÉ DES NUMÉROS : UNE ARNAQUE ORGANISÉE ?

PORTABILITE DES NUMEROS : UNE ARNAQUE ORGANISEE ?

Annoncée en grande pompe par l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), la portabilité des numéros de téléphone, fortement recommandée par l’Union internationale des télécommunications, risque d’apparaître comme un coup de nez aux consommateurs. En effet, si l’on en croît l’Association des Utilisateurs des TIC au Sénégal (Asutic), la portabilité cache beaucoup de zones d’ombre et apparaît comme un moyen d’enrichissement illicite des opérateurs de téléphonie encadré et béni par l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes du Sénégal.

Beaucoup d’usagers du téléphone mobile ont applaudi des deux mains lorsque l’Artp a annoncé l’application de la portabilité au Sénégal à partir de ce mois de septembre. Une véritable liberté de mouvement du client qui peut, à tout moment, migrer d’un opérateur à un autre, en espérant un meilleur service. Toutefois, l’application de cette mesure souhaitée par l’Uit depuis quelques années risque de porter un coup dur à la bourse de l’usager. Avec cette mesure, le préfixe (77-70-76) permettant d’identifier l’opérateur de son correspondant. De manière prosaïque, un client Orange bénéficiant d’un forfait qui se paye le luxe de communiquer plus longuement avec son correspondant et se retrouver avec une facture salée à la fin de la communication. Ce qui veut dire que les nombreuses promotions qu’offrent les opérateurs risquent d’être caduques et inopportune.

L’ASUTIC PORTE LE COMBAT

Une situation que dénonce avec véhémence le patron de l’Asutic qui pense que l’Artp est en train d’engraisser les opérateurs de téléphonie au détriment des usagers. Surtout que conformément au Code des télécommunications de 2011, l’ArtP n’a pas le droit d’intervenir sur le tarif au détail. C’est sans doute au nom de ce principe qu’ Orange a augmenté son tarif au lendemain de l’annonce de l’effectivité de la portabilité croit savoir Ndiaga Guèye qui indique que compte tenu de ces amalgames, « l’Association des Utilisateurs des TIC au Sénégal (Asutic) exige de l’Artp la suspension du service de portabilité tant que les opérateurs n’auront pas mis en place un signal de transparence, une tonalité activée avertissant l’utilisateur de sa communication ». Pourtant, l’idée de portabilité en soi est salutaire et même fort opportune dans ce contexte de globalisation où le monde, tel un village planétaire, ne peut plus se permettre certaines restrictions. Déjà sous Ndongo Diao, l’idée a été avancée mais du fait de l’opposition de France Télécom, elle n’avait pas pu se réaliser. Il a fallu l’adoption du nouveau code des télécommunications indiquant que si un opérateur en exprime le désir, la portabilité doit être mise en oeuvre pour que le projet soit à nouveau lancé. Et cela avec l’appui des associations de consommateurs aux opérateurs Tigo et Expresso.
A priori, l’idée était de réduire le coût du téléphone au niveau national, mais avec les frais liés à l’interconnexion entre les différents réseaux, l »heure n’avait pas sonné. Après une étude au niveau sous-régional, l’Autorité de régulation avait fixé l’interconnexion à 15 francs (il était de 30 francs pour Orange et 23 francs pour les autres). En définitive donc , au Sénégal le client qui désire porter son numéro aura comme unique interlocuteur son nouvel opérateur, pour effectuer l’ensemble des taches administratives liées au portage. Aussi, tous les frais de portage lui seront également gratuits et un délai de 24 heures sera fixé aux opérateurs impliqués pour procéder au portage effectif d’un numéro. Ndiaga Guèye et compagnie ont rencontré successivement l’Artp et Orange. Mais selon nos informations, rien de concret n’a été retenu par les acteurs qui vont continuer de se sucrer sur le dos des consommateurs.

source : L’AS

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