Accueil Sports Patrick Vieira : « Le Sénégal doit proposer un football plus ambitieux »

Patrick Vieira : « Le Sénégal doit proposer un football plus ambitieux »

Né à Dakar, formé en France, champion du monde en 1998 avec les Bleus et capitaine des célèbres « Invincibles » d’Arsenal, Patrick Vieira ouvre un nouveau chapitre de sa carrière dans son pays natal. Présenté le 18 septembre comme nouveau sélectionneur du Sénégal, il affiche ses ambitions : redonner confiance aux Lions de la Téranga, bâtir une équipe solidaire et imposer un football offensif et conquérant, tout en s’appuyant sur l’héritage de ses prédécesseurs. Après un premier rassemblement marqué par deux victoires et un match nul, le technicien dresse un bilan « plus que positif » et évoque sans détour ses priorités, la retraite internationale d’Édouard Mendy, la gestion des cadres et la pression qui accompagne sa mission, avec un objectif majeur en ligne de mire : décrocher une troisième étoile continentale.

Vous êtes né à Dakar et, le 18 septembre dernier, vous avez été présenté aux Sénégalais en tant que nouveau sélectionneur national. Lorsque vous avez signé votre contrat, quel souvenir de Dakar vous est revenu en premier ?

Dakar ne m’a jamais quitté. Le Sénégal ne m’a jamais quitté. Même si j’ai grandi en France, nous avons toujours conservé cette culture africaine, cette culture qui consiste à se retrouver en famille autour d’un bon plat, d’un bon thiébou diène. Je suis revenu à Dakar avec des projets avec Diambars (Ndlr : centre de formation), notamment des investissements personnels que j’ai pu réaliser ici. C’est sûr qu’être sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal est une fierté. C’est une fierté sur le plan personnel, mais aussi familial. Je garde l’image de mon grand-père, avec sa joie et son sourire, lorsqu’il a appris que j’allais signer ce contrat avec l’équipe nationale. C’est une immense fierté familiale.

Que reste-t-il du Sénégal de l’enfant que vous étiez, après avoir grandi en France ?

Je trouve qu’avoir cette double culture est une richesse. Le fait d’être né à Dakar, au Sénégal, d’avoir grandi avec cette culture africaine, dans laquelle nous sommes toujours très proches de nos proches, et d’avoir également bénéficié de la culture française m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui ; d’autant plus que j’ai eu une chance incroyable de devenir footballeur professionnel. Cela m’a permis de beaucoup voyager et de découvrir différentes cultures. Je pense que le fait d’avoir grandi dans le milieu du football m’a considérablement enrichi sur le plan personnel.

Parlons maintenant du sélectionneur. N’est-ce pas un peu lourd pour vous de succéder à Aliou Cissé et à Pape Thiaw, deux entraîneurs qui ont remporté la Coupe d’Afrique des nations ?

Non, pas du tout. Le Sénégal a eu, récemment, deux entraîneurs qui ont remporté la Coupe d’Afrique. C’est quelque chose de très positif. Cela montre qu’il y a de la qualité. Nous évoluons dans un milieu où seul le résultat compte. Je connais les difficultés liées au fait d’entraîner une grande nation de football. Quand on voit la qualité de l’effectif, on se doit d’être ambitieux. Moi, en tant que sélectionneur, je le suis, tout comme le peuple sénégalais. Le peuple a envie de voir cette équipe nationale aller le plus haut possible. C’est toute la difficulté du défi qui m’attend.

Que répondez-vous à ceux qui exprimaient certaines réserves quant au choix porté sur votre personne ?

L’appréhension fait partie de la nature humaine. On parle davantage des personnes qui ont des réserves que de celles qui sont favorables à ce choix. Il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui sont pour, d’autres qui sont contre et d’autres encore qui attendent de voir. C’est ainsi que fonctionne l’être humain, et le milieu du football n’échappe pas à cette réalité. Ce qui est important pour moi, c’est de tirer le maximum de l’effectif. J’ai à ma disposition de très grands joueurs, qui évoluent dans les plus grands clubs européens. Je sais que la tâche ne sera pas facile, mais il est essentiel de mettre en place un projet de jeu qui nous permettra d’obtenir des résultats, de gagner des matches et d’être compétitifs, aussi bien en Coupe d’Afrique des nations qu’au niveau international. C’est un beau défi, et il ne me fait pas peur, loin de là.

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