Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) procédera, ce mardi 19 mai, au lancement officiel de la Caravane de l’Orientation, à Thiès. Cette campagne, axée sur une approche intégrée (information directe, immersion pratique, sensibilisation communautaire), entend pallier les difficultés relatives à la bonne information des candidats au baccalauréat et les assister à effectuer les meilleurs choix dans la poursuite de leur formation universitaire.
Durant un mois (du 19 mai au 15 juin), les régions de Thiès, Ziguinchor, Tambacounda, Kaffrine, Diourbel, Matam et Dakar accueilleront la Caravane de l’orientation 2026, conduite par le Mesri et accompagnée par les ministères de l’Éducation nationale (Men) et de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique (Mefpt).
D’après le directeur général de l’Enseignement supérieur (Dges), Pr Abdou Aziz Diouf, l’objectif est de rompre l’isolement par l’information. « L’admission dans les universités publiques sénégalaises repose sur la plateforme Campusen, un outil central dont les procédures restent souvent méconnues des élèves », affirme-t-il.
Selon lui, ce déficit d’information conduit trop souvent à des absences d’orientation ou à des affectations dans des filières inadaptées aux profils scolaires, d’où l’initiative de cette caravane pour y remédier.
Contrairement aux éditions précédentes, telles que l’Universalon organisé en 2025 au Cices (Dakar), le Mesri mise cette année sur l’équité territoriale. « Le ministère se déplace physiquement dans les zones enclavées pour aller à la rencontre des populations scolaires les plus éloignées de l’information », précise Pr Diouf.
Le cap sur les STEM et la Vision 2050
L’enjeu de la Caravane dépasse la simple procédure administrative. Pour le Dges, il s’agit d’orienter massivement les jeunes vers les domaines stratégiques : sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), ainsi que l’agriculture.
Cette ambition, qui épouse la Vision Sénégal 2050 visant la souveraineté nationale dans des secteurs clés comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les biotechnologies et l’agriculture intelligente, passe, selon le Pr Abdou Aziz Diouf, par le renforcement de l’attractivité de ces filières.
Pour ce faire, il identifie plusieurs leviers forts : bourses d’excellence, équipements numériques et mentorat, particulièrement pour encourager les jeunes filles.
Une université connectée à l’emploi
Face à la problématique de l’inadéquation entre la formation et l’emploi, cette Caravane promeut une nouvelle vision de l’enseignement supérieur, où la formation s’aligne sur les besoins du marché.
Le directeur général de l’Enseignement supérieur estime que, grâce au projet Espoir-Jeunes, doté de 206,9 millions de dollars, le Sénégal modernise ses infrastructures avec des laboratoires de pointe et des fermes-écoles intelligentes.
L’objectif est clair : porter la part de la pratique à 40-60 % dans les cursus afin de garantir l’employabilité.
Le professeur Abdou Aziz Diouf estime que le succès de cette édition sera mesuré via la plateforme « Campusen », en comparant le nombre de demandes d’admission et l’adéquation réelle entre les profils des bacheliers et leurs filières définitives.



