Samedi 9 mai, le Président Diomaye Faye présidera un grand meeting au stade Caroline-Faye de Mbour pour marquer l’an II de son accession au pouvoir. Mais plus que la célébration d’un anniversaire, ce rassemblement de la coalition «Diomaye Président» est décrit comme un «moment décisif de la vie de la nation» par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, cité par L’Observateur. Cet événement pourrait ainsi marquer la naissance officielle d’un courant «Diomayiste», affranchi du noyau dur de Pastef.
Selon Serigne Guèye Diop, ce rassemblement s’inscrit dans une logique de responsabilité régalienne plutôt que de confrontation. Il affirme que «le Président ne viendra pas seulement pour parler de la crise. Il viendra dire voilà ce que nous allons faire, voilà comment nous allons le faire et quand est-ce que nous allons le faire». Il précise également que «le Président n’a pas le temps de se battre. Il a entre ses mains l’avenir du Sénégal».
D’aucuns estiment que ce meeting constitue un véritable «test grandeur nature». L’analyste politique Dr Malao Kanté, interrogé par le quotidien du Groupe futurs médias, croit savoir qu’«aujourd’hui, on est en face d’un Président qui s’assume de plus en plus et qui veut préparer ses troupes pour les prochaines échéances politiques». Pour lui, Mbour représente «un test pour jauger sa force et sa capacité de mobilisation», mais aussi un défi pour ses alliés de coalition.
La portée de l’événement est double. L’interlocuteur du journal souligne que «si ça réussit, cela va conforter le Président dans sa position. Si ça échoue, cela va remettre en cause tout ce qu’ils ont construit jusqu’ici». En filigrane, poursuit l’analyste, ce rassemblement pourrait acter «un nouveau départ dans sa relation avec Sonko», surtout après les récentes prises de position du Président, notamment lors de son interview du 2 mai, dénonçant «une personnification outrancière du projet».
Au-delà des enjeux de pouvoir, l’événement sera enfin un baromètre social. Dans son propre fief, Bassirou Diomaye Faye devra prouver sa capacité à répondre aux attentes pressantes des populations, notamment sur «l’emploi des jeunes» et la «cherté de la vie», deux ans après la promesse de rupture.




