Accueil Politique Mbour : Ousmane Abdoulaye Barro règle ses comptes avec Pastef

Mbour : Ousmane Abdoulaye Barro règle ses comptes avec Pastef

Lors de sa rentrée politique organisée ce dimanche à Mbour, le chef de cabinet du président de la République, Ousmane Abdoulaye Barro, est sorti de sa réserve avec une virulence inédite. Le leader de la formation Kiiraay – Les Patriotes Républicains s’en est pris ouvertement à ses anciens camarades de PASTEF, qu’il accuse d’avoir « détruit le projet ». Prenant la défense exclusive du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye qu’il juge « N fois meilleur que ses pourfendeurs », il a également balayé les accusations portant sur son train de vie tout en lançant la bataille politique pour le contrôle du département de Mbour.

​« Ils ont détruit le projet PASTEF ! ». Le chef de cabinet du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Ousmane Abdoulaye Barro, n’a pas mâché ses mots à l’occasion de sa rentrée politique, ce dimanche à Mbour. Le chef de cabinet du président de la République a vidé son sac. Entre révélations, piques acerbes contre ses anciens camarades de parti et défense sans concession de Bassirou Diomaye Faye, le responsable de Kiiraay – Les Patriotes Républicains a sonné la charge.

​Il avait visiblement beaucoup de choses sur le cœur et n’a presque rien retenu. Devant ses militants mobilisés pour sa rentrée politique, Ousmane Abdoulaye Barro s’est livré à un véritable déballage politique, mêlant souvenirs d’enfance, parcours religieux, sportif et militant, confidences personnelles et attaques frontales contre ceux qu’il accuse de dénaturer le projet initial de PASTEF.

​Ancien président de cellule du parti fondé par Ousmane Sonko, le chef de cabinet du président de la République semble désormais avoir définitivement tourné la page. À ceux qui continuent de le prendre pour cible depuis son engagement au sein de Kiiraay, il oppose une réplique cinglante.

​« Tout ce que PASTEF dit de mal de moi aujourd’hui me pousse à ne jamais vouloir bénéficier des grâces de la politique », a-t-il lancé, dénonçant les campagnes de calomnie dont il estime être victime.

​Dans une sortie particulièrement virulente, Ousmane Abdoulaye Barro a accusé certains de ses anciens compagnons d’avoir trahi l’esprit du projet politique qu’ils prétendent défendre.

​« Je ne le dis pas à l’endroit des gens qui ne cessent de tisser le mensonge et le faux. Ils sont dans leur mission. Ils ont détruit le projet PASTEF. Je le dis pour ces jeunes qui croient en eux et les suivent », assène-t-il.

​Revenant sur les « années de braise », il a rappelé son engagement politique bien antérieur à l’accession de sa famille politique au pouvoir.

​« En 2017, j’ai été installé comme président de cellule dans le quartier. En 2011, nous avions ouvert une mutuelle pour les femmes du quartier. Avant même le militantisme politique, j’ai été formé au militantisme islamique », a-t-il souligné.

​Pour lui, certains donneurs de leçons d’aujourd’hui étaient aux abonnés absents lorsque le combat politique exigeait des sacrifices.

​« Il y a des gens qui bavardent aujourd’hui, mais au moment où les choses étaient difficiles, personne n’était là. Seul Bassirou Diomaye Diakhar Faye avait le courage, c’est pourquoi il est parti en prison », a-t-il asséné.

​ « Diomaye est N fois meilleur que ses pourfendeurs »

​Mais c’est surtout sur la défense du chef de l’État que le ton est monté d’un cran. Face aux critiques visant Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Abdoulaye Barro a sorti l’artillerie lourde.

​« Ceux qui critiquent le président doivent savoir que ce dernier est N fois meilleur qu’eux », a-t-il déclaré.

​Pour donner davantage de poids à sa charge, il a convoqué les anciennes déclarations d’Ousmane Sonko lui-même.

​« Le président Diomaye est plus droit, plus vertueux, plus juste et plus travailleur. Ce ne sont pas mes propos, mais ceux d’Ousmane Sonko quand tout allait bien », a-t-il rappelé, dans une allusion à peine voilée aux tensions politiques actuelles.

​Balayant également les accusations relatives aux privilèges supposés de son poste, notamment la gestion de fonds politiques, le chef de cabinet a tenu à mettre les points sur les i.

​« Les fonds politiques dont on parle, je n’en bénéficie pas. Je conduis le véhicule que conduisait mon prédécesseur. Je n’ai pas de maison », a-t-il rétorqué.

​Il a également dénoncé les critiques entourant la gestion des passeports diplomatiques, notamment ceux octroyés aux guides religieux, estimant que la fonction présidentielle impose parfois d’agir dans la discrétion.

​« La fonction du président est une fonction ingrate. On fait beaucoup de bonnes choses qu’on ne révèle pas parce que les bonnes actions doivent être enveloppées de soutoura », a-t-il expliqué.

​ « Un Barro ne peut être milliardaire »

​Face aux attaques personnelles, Ousmane Abdoulaye Barro a aussi convoqué son héritage familial pour récuser toute ambition d’enrichissement personnel.

​« Mes parents n’ont pas laissé de richesse sur terre. Un Barro ne peut être milliardaire. L’argent passera par nos mains, mais ne restera pas. C’est une prière de nos ancêtres », a-t-il confié.

​Il a prévenu ses détracteurs que les attaques et les tentatives de discrédit ne feront pas dévier sa nouvelle formation politique de sa trajectoire : « Kiiraay grandira comme il le faut, et personne n’y pourra rien. »

​ Mbour : Kiiraay lance la bataille contre PASTEF

​Au-delà de cette offensive verbale, cette rentrée politique sonne comme une déclaration de guerre électorale dans le département de Mbour, terre natale du président Bassirou Diomaye Faye.

​Après son lancement officiel le 25 juillet dernier au King Fahd Palace, Kiiraay entend désormais quadriller le terrain et disputer à PASTEF le contrôle politique de ce département stratégique.

​Ousmane Abdoulaye Barro veut également donner une dimension sociale à cette conquête. Il a ainsi annoncé un programme de formation qui devrait bénéficier, dans les six prochains mois, à 200 jeunes, 1 000 acteurs des activités maritimes et 500 femmes dans différents corps de métier. Une manière pour Kiiraay de tenter de transformer la mobilisation politique en actions concrètes au profit des populations.

​À Mbour, le message d’Ousmane Abdoulaye Barro aura été sans équivoque : il n’entend plus subir les attaques de ses anciens camarades sans riposter. Entre fidélité revendiquée au président Diomaye Faye, rupture consommée avec ses anciens compagnons et ambition de conquête électorale, le chef de cabinet a ouvert un nouveau front politique : « Je lance mes activités politiques dès aujourd’hui ».

​Dans le département d’origine du chef de l’État, la bataille entre Kiiraay et PASTEF promet désormais de se jouer sans ménagement.

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