MBAYE DIAGNE: Dans la majeure partie des discussions que nous menons entre joueurs, on se dit que c’est le moment ou jamais.(Bilay walay)

L’attaquant Mbaye Diagne a bien profité du jour de repos accordé aux Lions, samedi dernier. L’attaquant de Galatasaray, qui a rendu visite à sa famille, à l’hôtel, en a profité pour accorder un entretien à la presse. Son faible temps de jeu, le match contre le Bénin, sa folle envie de remporter la Can…, l’ancien joueur de la Juventus dit tout.

Les Échos : Quel évaluation faites-vous des quatre matchs livrés par le Sénégal ?
Mbaye Diagne :Aujourd’hui, nous avons bénéficié d’un jour de repos, j’en ai profité pour venir rendre visite à ma famille (son fils, sa femme et sa sœur). On en a profité pour décompresser un peu. Pour la qualification en huitième de finale, c’est une satisfaction énorme. Nous sommes venus pour réaliser un beau parcours qui, je l’espère, va nous mener jusqu’au sacre finale. On prie pour que les prochaines rencontres soient couronnées de succès pour nous. Le plus important, c’était la qualification. Certes, je n’ai livré que deux bouts de match depuis le début et je n’ai pas encore répondu à l’attente des Sénégalais, mais j’attends mon heure pour montrer de quoi je suis capable. Cette situation ne me plait pas et j’espère que les Sénégalais vont comprendre, car nous sommes une équipe de 23 joueurs et pour le moment, je n’ai pas encore eu le temps de jeu nécessaire. Je l’accepte en attendant mon heure.

Comment avez-vous passé votre jour de repos ?
Je l’ai passé avec ma famille. Dès que la décision a été prise, je suis venu voir ma famille. Ma femme, mes amis et ma sœur sont en Égypte depuis des semaines, c’est la première fois qu’on a le temps de discuter et tout. Ce soir, on doit retourner à l’hôtel pour continuer le travail. Et cela nécessite une concentration maximale. Donc, on est coupé du reste du monde. Ce n’est pas facile, mais il faut faire des sacrifices pour aller jusqu’au bout. Nous savons ce qui nous attend au Sénégal, si on arrive à gagner la Can. Le match perdu contre l’Algérie a été une leçon pour nous. Nous avons tiré tous les enseignements de cette défaite pour rebondir.

La victoire face à l’Ouganda n’a pas été facile, qu’est-ce qui l’explique ?
C’était un match compliqué, il faut dire que le Sénégal a été supérieur à son adversaire sur tous les plans. Bien vrai qu’on aurait aimé inscrire ce deuxième but qui nous aurait mis à l’abri, mais alhamdoulilah, on a réussi à conserver le résultat. La seconde période, l’Ouganda est sorti pour faire le jeu afin d’égaliser, mais nous avons tout donné. On pouvait inscrire deux voire trois buts, mais Dieu en a décidé autrement. L’essentiel, c’est la gagne.

Est-ce que vous mesurez l’attente des Sénégalais concernant l’équipe nationale.
Les joueurs sont au courant de tout. Nous savons l’engouement et la passion chez les supporters et surtout l’attente qu’ils ont autour de la sélection nationale. C’est une source de motivation pour nous pour aller jusqu’au bout. Cette année, nous espérons que ça sera la bonne. Nous sommes très confiants. Nous avons perdu contre l’Algérie, mais on a su garder notre calme et notre sérénité pour rebondir, car cela a été perçu entre nous comme un mal pour un bien. Le plus important était de passer les huitièmes de finale. Le Sénégal est perçu comme un favori, donc il faudra l’assumer en s’imposant.

Que répondez-vous à ceux qui disent que l’équipe pèche sur le plan physique ?
Je ne suis pas de cet avis. L’équipe du Sénégal excelle bien sur ce plan. S’il s’agit de répondre aux duels, l’équipe le fait. On dit souvent que les équipes maghrébines nous causent plus de problèmes, c’est parce que ce sont des équipes joueuses, mais le Sénégal a du répondant sur le plan  physique et on l’a prouvé contre l’Ouganda. Une rencontre qu’on pouvait remporter avec un score de deux ou trois buts, mais sur le plan physique, nous sommes prêts. Il faut prendre en compte la chaleur qui est un facteur bloquant. Toutefois, l’équipe, comme le veut le coach, donne tout, mais c’est parfois difficile durant 90mn. Tout le monde court dans l’équipe, pour vous dire l’implication des joueurs.

Comment appréhendez-vous le match contre le Bénin ?
Je n’ai pas encore eu la chance de suivre les matchs du Bénin. Les autres équipes ne m’intéressent pas et je les suis rarement. Mais une chose est sûre, aucune équipe dans la Can ne doit nous poser de problème. Je ne connais que le gardien du Bénin qui est un ami qui évolue dans le même championnat que moi en Turquie. Pour le moment, on va se préparer et bien attendre cette rencontre, mais tout le monde sait qu’entre le Sénégal et le Bénin, il n’y a pas photo (loolu du match). Normalement, le Bénin ne doit pas nous poser de problème, mais aucun match ne sera facile. On va bien l’aborder, mais pour gagner ; car pour le moment, on attend de voir quelle équipe on aura en demi-finale ou en finale.

Donc pour vous, le Sénégal va passer en demi-finale…
Moi je parle de finale. Pourquoi pas. Nous avons l’équipe pour aller jusqu’au bout. Aucune équipe ne nous empêche de dormir, c’est plutôt le contraire. C’est nous qui les empêchons de dormir. On ne fait de fixation sur aucune équipe. On prendra l’équipe qui se dressera sur notre chemin, mais avant, il faudra battre le Bénin. Les équipes qui vont jouer le Sénégal ne dorment pas la veille du match. Alors que nous sommes relax et l’ambiance qu’il y a à chaque veille de match le prouve à suffisance. Les joueurs sont zen. Même au Mondial, le Sénégal n’a pas franchi les phases de groupes, mais elle a fait jeu égal avec ses adversaires. Donc, avec ce groupe qui s’est encore bonifié, on ne doit avoir peur d’aucune équipe. Nous avons l’effectif pour aller jusqu’au bout.

Donc cette année sera la bonne…
C’est tout ce qu’on veut. Dans la majeure partie des discussions que nous menons entre joueurs, on se dit que c’est le moment ou jamais. Si ce n’est pas le cas cette année, je ne suis pas un devin, mais ce sera encore compliqué de la gagner. On risque de rester encore des années pour espérer remporter une Can.  On a tout pour remporter ce trophée. D’habitude, on dit que l’équipe manque d’un bon gardien ou un latéral, mais, cette année, on a une équipe complète. Il ne reste que trois matchs, et dans nos têtes, c’est ça la mission : gagner ces trois rencontres. Pour le moment, on se demande quelle équipe on aura en finale. On est prêt  à y laisser nos vies (Bilay walay). Les joueurs sont déterminés et sont prêts à tout pour la gagne.

En cas de sacre, ce sera énorme pour vous qui avez déjà été meilleur buteur du championnat turc remporté par votre club…
Ça sera quelque chose de grandiose. Dieu a fait que j’ai eu la chance de remporter le championnat et le titre de meilleur buteur, donc si je gagne la Can, ça sera la cerise sur le gâteau. Je pourrais dire que ça sera unique pour ma carrière. Même si je n’ai pas le temps de jeu nécessaire durant cette Can, le plus important est de gagner la Can. Même si je joue une minute pour une éventuelle finale, qu’on remporte la Can. J’en profite pour dire aux Sénégalais de continuer à nous supporter, à nous galvaniser pour aller jusqu’au bout.

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