Face aux divergences autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, l’ancien Premier ministre Amadou Ba plaide pour une concertation institutionnelle afin de parvenir à un compromis budgétaire.
L’ancien Premier ministre invite le « président de la République, le gouvernement et la représentation nationale pour qu’ils engagent, sans délai, une concertation institutionnelle permettant de dégager un compromis sur les orientations budgétaires essentielles », écrit-il, dans une déclaration publiée ce mardi 20 octobre 2026.
Le député estime que les divergences sur la LFR 2026, ainsi que leurs possibles prolongements sur le prochain exercice budgétaire, font peser sur le pays « un risque d’impasse dont nul ne saurait sous-estimer les conséquences ».
L’ancien ministre des Finances rappelle qu’« aucune divergence politique ne saurait justifier que soient exposées à des risques évitables la stabilité de nos institutions, la crédibilité financière de l’État et les conditions de vie de nos compatriotes ».
En ce sens, Amadou Ba souligne les enjeux liés au financement des subventions énergétiques. Selon lui, l’absence d’adoption de la LFR pourrait laisser près de 540 milliards F CFA de subventions sans crédits budgétaires suffisants. « Ce ne serait pas une économie pour l’État, mais un risque d’impayés, d’accumulation d’arriérés et, à terme, d’alourdissement du coût de la dette », prévient-il. Il estime ainsi qu’« un compromis doit donc être trouvé avant la fin de l’exercice budgétaire ».
Reconnaissant les préoccupations liées au pouvoir d’achat, aux dépenses sociales, à l’investissement et aux subventions énergétiques, M. Ba appelle toutefois à concilier ces exigences avec la discipline budgétaire. « La discipline budgétaire et la justice sociale ne sauraient être opposées : la responsabilité de gouverner consiste précisément à les concilier », affirme-t-il.
Par ailleurs, Amadou Ba remet sur la table sa proposition d’organiser des assises sur l’économie. Il rappelle avoir défendu cette initiative lors du dialogue national, estimant que les défis structurels du pays nécessitaient « un diagnostic partagé et des réponses à la hauteur de leur gravité ».


