Les États-Unis ont refusé d’accorder un visa au commandant de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, pour assister et prendre la parole lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Selon des agences de presse citant des sources diplomatiques, les États-Unis ont conditionné l’attribution du visa à l’acceptation par Al-Burhan d’une proposition de cessez-le-feu de trois mois. Le gouvernement d’Al-Burhan a rejeté cette proposition, soutenant qu’une trêve permettrait seulement aux FSR (Forces de soutien rapide) de se regroupent et d’attaquer, ce qui a conduit Washington à refuser le visa.
Depuis le 15 avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre ravageuse entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde. Aucune initiative régionale, internationale ou de l’ONU n’a réussi à y mettre un terme jusqu’à présent.
D’après Reuters, cette trêve de 90 jours a été proposée par Massad Boulos, conseiller spécial américain pour les affaires arabes et africaines. Washington souhaite que les deux parties acceptent une trêve humanitaire et s’engagent dans un dialogue politique inclusif menant à un gouvernement civil, selon le Département d’État.
Al-Burhan doit en principe s’adresser à l’Assemblée générale ce jeudi. Sa présence demeure incertaine ; des sources diplomatiques à Khartoum ont déclaré au Sudan Tribunequ’elles s’attendaient toujours à ce que le visa soit délivré, a rapporté le Washington Examiner.
Les autorités soudanaises n’ont pas répondu à la demande de commentaire de Reuters concernant le refus de visa. Toutefois, l’ambassadeur du Soudan auprès de l’ONU a écrit au Secrétaire général António Guterres, l’exortant à faire intervenir l’ONU.
Reuters a décrit ce différend comme le point le plus bas dans les relations entre Washington et l’armée soudanaise depuis le début de la guerre. Les relations étaient déjà tendues par une proposition américaine visant à étendre l’embargo sur les armes imposé au Darfour à l’ensemble du pays, une mesure qui, selon les partisans d’Al-Burhan, punirait l’armée de manière disproportionnée.
Dans un article publié lundi par le magazine américain Foreign Policy, Al-Burhan a soutenu que les efforts de cessez-le-feu menés par des parties extérieures avaient échoué à mettre fin à la guerre, et qu’une paix dictée de l’extérieur ne durerait pas.
Une légitimité retirée : un nouveau coup dur pour Al-Burhan Alors que les informations concernant le refus de visa faisaient surface, le Département d’État américain a publié mardi un communiqué déclarant qu’aucune des parties belligérantes au Soudan ne détient de légitimité.
Le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a déclaré que ni les Forces armées soudanaises, ni les Forces de soutien rapide, ni leurs dirigeants respectifs ne représentent « une gouvernance légitime et constitutionnelle pour le Soudan ».
Il a ajouté que les États-Unis étaient prêts à travailler avec quiconque se poserait en partenaire sérieux pour la paix au Soudan, et que Washington chercherait à « augmenter le coût de la poursuite du conflit pour tous les belligérants » ainsi que pour les réseaux qui alimentent la guerre.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre civil soudanais, AbdallaHamdok, est à New York cette semaine pour assister aux événements de l’Assemblée générale aux côtés de membres de sa coalition anti-guerre, selon Reuters.
Le conflit a déplacé près de 14 millions de personnes : 9,3 millions à l’intérieur du Soudan et 4,4 millions qui se sont réfugiées dans les pays voisins, selon les chiffres de l’ONU d’octobre 2025.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 33,7 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire en 2026.





