LE PRÉSIDENT SALL SUR L’AFFAIRE GUY MARIUS SAGNA ET CIE «Lorsqu’on déclare une manifestation à la place de l’Indépendance ou devant le Palais, c’est parce qu’on ne veut pas la paix»

La manifestation de Guy Marius Sagna et compagnie (Cie) devant les grilles du palais présidentiel n’est pas motivé par une volonté pacifiste. C’est du moins l’avis du président de la République, Macky Sall. Se prononçant hier, jeudi 30 janvier, lors de la rencontre pour l’examen du rapport du Sénégal, par le Mécanisme africain d’évaluation des pairs (Maep), il a estimé que les rassemblements et marches qui respectent la règle, sont régulièrement autorisés.

Le président de la République, Macky Sall, a profité de son allocution hier, jeudi 30 janvier 2020, à la cérémonie d’évaluation du rapport du Sénégal par le Mécanisme africain d’évaluation de pairs (Maep), pour se prononcer sur l’affaire Guy Marius Sagna et compagnie (Cie), arrêtés pour avoir marché devant le palais présidentiel. Pour le président de la République, organiser une marche devant les grilles du Palais présidentiel ou à la Place de l’Indépendance n’est aucunement signe d’une volonté pacifique de ses organisateurs. «Quand on dit : «on va marcher à la Place de l’Indépendance, ou devant le Palais de la République», c’est qu’on ne veut pas faire une marche pacifique. Et, autrement, les marches sont tolérées», dit-il. Il ajoute, par ailleurs, que les marches ou rassemblements interdits sont très inférieurs aux autorisations accordées par l’autorité. «Si je donne des statistiques, en 2018, sur 4828 déclarations de manifestations publiques, 118 ont été interdites ; soit un taux de 2,44% d’interdiction.

Et au troisième trimestre de l’année 2019, sur 4284 déclarations de manifestations, seules 71 n’ont pas été accordées ; soit un taux de 1,68%». Pour le président Macky Sall, les marches sont autorisées automatiquement dès lors qu’elles rencontrent l’appréciation positive des services chargées de la gestion de l’ordre public, en l’occurrence l’autorité administrative qui est le préfet. «Lorsque les initiateurs sont en conformité avec les autorités en charge d’autoriser, il n’y a pas de problèmes. Il est même fréquent que la Police encadre la marche et que les Sapeurs-pompiers soient derrière pour les marcheurs fatigués, ils bénéficient d’une assistance. C’est ça la réalité du Sénégal». Il soutient, en outre, que «l’exercice des libertés fait souvent polémique, mais le Sénégal est une démocratie. L’exercice des libertés publiques est garanti et ne souffre d’aucune limitation, sauf nécessité de prévenir les troubles à l’ordre public, de garantir la libre circulation des personnes et des biens et d’assurer leur sécurité. En vérité, l’autorisation est la règle et l’interdiction l’exception»

INDEPENDANCE DE LA JUSTICE : Macky renvoie les magistrats à la loi

«On fait beaucoup de confusion. Le Procureur est le défenseur de la société. Il est un magistrat debout. Il est sous l’autorité hiérarchique du Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Et c’est comme ça dans tous les pays démocratiques. On le sait bien. L’indépendance des magistrats, surtout ceux du siège, chargés de rendre les décisions et de trancher des litiges, cette indépendance est garantie par la loi», a dit le président de la République, Macky Sall, hier jeudi, dans son allocution lors de l’évaluation du rapport du Sénégal par le Mécanisme africain d’évaluation des pairs (Maep). A son avis, dans le cadre de leur office, «les magistrats ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi et à leur conscience ». Mieux, ajoute-t-il, «ils ne sauraient faire l’objet d’une quelconque forme d’ingérence dans la cadre de leur mission juridictionnelle. Ni de la part de l’exécutif, encore moins des pouvoirs ou des parties publiques. Et les derniers textes qui ont été pris sur le Statut des magistrats ont conforté ces choix».

RAPPORT DOING BUSINESS : Le Sénégal cherche le top 100

Le président de la République, Macky Sall, informe qu’il a donné des instructions pour que le Sénégal puisse se placer parmi les cent (100) pays les plus attractifs pour les investisseurs. Il l’a dit hier, jeudi 30 janvier, lors de son allocution à la cérémonie de l’évaluation du rapport du Sénégal par le Mécanisme africain d’évaluation des pairs (Maep). «L’objectif que j’ai donné au gouvernement est d’être dans le top 100. Il y a des efforts à faire et nous avons encore lancé quelques réformes majeures, surtout dans le domaine de la réforme de l’environnement des affaires et de la compétitivité. J’ai bon espoir que ces réformes, qui seront achevées avant le mois de mai, doivent nous permettre de rentrer en fin dans le top 100 des meilleurs réformateurs des pays où il fait bon à investir». Toutefois, arriver à ce résultat nécessite, selon le chef de l’Etat, de lutter contre certaines pratiques malsaines. «Nous sommes conscients qu’il faut encore continuer à lutter contre la corruption, continuer à lutter contre la bureaucratie qui est paralysante ; mais notre engagement est ferme là-dessus. L’engagement du gouvernement à favoriser un rôle plus actif du secteur privé dans l’économie». D’ailleurs, Macky Sall invite aussi le secteur privé national, à jouer sa partition. Il s’agit de «travailler de concert» et de «faire des regroupements puisque les sociétés individuelles ou familiales ne permettent de les mettre en avant. Il faut que les gens aient une vision partagée du développement».

MODICITE DES MOYENS DES COLLECTIVITES LOCALES : Macky plaide pour une meilleure considération des projets étatiques

Conscient que les collectivités locales n’ont pas les moyens nécessaires pour mener convenablement leur mission, le chef de l’Etat, Macky Sall, annonce des mesures correctives. «J’ai été maire pendant 10 ans. Je sais la souffrance des maires, devant la modicité des budgets», a dit le chef de l’Etat. Cependant, juge-t-il, il est aussi opportun de souligner l’importance des Programmes d’appui aux communes qui ne sont pas quasiment calculés dans les transferts faits aux collectivités, tout comme les budgets exécutés par l’Etat dans ces territoires. «Il faudrait qu’on évalue, l’ensemble de ces transferts et non pas seulement les crédits transférés à travers les Fonds d’équipements des collectivités ou le Fonds de dotation de la décentralisation. Le bilan objectif aurait été de prendre tous les transferts en matière d’investissement que l’Etat fait dans les collectivités, auquel il faudrait ajouter les fonds qui sont mis à leur disposition». D’autre part, Macky Sall informe que des réformes seront initiées pour améliorer la rentabilité des communes. «Il faudrait donc parfaire notre réflexion sur la fiscalité locale, sur la Contribution économique locale (Cel), qui est la fameuse contribution qui a remplacé la patente, qui doit être renforcée. Nous allons travailler sur tout cela, pour élargir l’assiette, afin d’accroître considérablement les ressources destinées aux collectivités locales, surtout en matière d’investissement».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici