Le député Thierno Alassane Sall hausse le ton contre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Dans une sortie au vitriol, l’ancien ministre dénonce ce qu’il considère comme une implication excessive du chef de l’État dans les activités de Kiiraay, une organisation privée, au détriment des priorités de la République.
Thierno Alassane Sall s’interroge sur le temps que le président consacrerait à ce parti politique. « Combien de temps par jour le président, logé, payé et protégé par la République, consacre-t-il à travailler pour Kiiraay, une organisation privée ? », demande-t-il.
Le député s’interroge également sur le coût pour les finances publiques des audiences présidentielles qu’il qualifie d' »audiences de débauchage ». Il met surtout en doute le caractère désintéressé de certains ralliements au camp présidentiel.
Selon lui, certains nouveaux soutiens au «diomayisme » pourraient être motivés par des intérêts liés aux postes et avantages. « Qui est assez naïf pour croire que tous ces convertis au ‘diomayisme’ le sont par pur patriotisme, sans aucun marchandage de postes juteux ni échanges d’avantages matériels ? », lance-t-il.
Thierno Alassane Sall établit ainsi un parallèle avec la transhumance politique, estimant que le phénomène n’a pas disparu avec l’arrivée du nouveau pouvoir. « Il y avait la transhumance avant le président actuel. Désormais, c’est la ruée vers le gâteau Sénégal », affirme-t-il.
Le dossier Yaakaar-Teranga au cœur des critiques
Le député s’en prend également à la gestion du dossier Yaakaar-Teranga, projet gazier qu’il présente comme stratégique pour le Sénégal. Il reproche au président Diomaye Faye de chercher à faire porter la responsabilité du dossier à son ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
« Celui qui a théorisé le ‘don de soi pour la patrie’ néglige la nation à un point qui pourrait nous être fatal. Il suffit de voir comment le président cherche à se défausser sur son seul Premier ministre, Ousmane Sonko, dans le scandale de Yaakaar-Teranga », poursuit TAS.
Il s’appuie notamment sur les révélations attribuées à Al Aminou Lo pour mettre en cause le niveau de suivi présidentiel du dossier. Il affirme que le chef de l’État ne s’est pas suffisamment intéressé à la date prévisionnelle de démarrage de la production, aux difficultés avec l’opérateur Kosmos Energy ou encore à l’existence d’un éventuel plan alternatif en cas de départ de celui-ci.
« Pour rappel, l’exploitation de ce gisement est cruciale pour le Gas to Power et pour une baisse significative du prix de l’électricité, facteurs essentiels à la réussite du soi-disant Agenda 2050 », rappelle le député.
En somme, TAS affirme que le chef de l’État n’a aucune idée de la situation d’un projet aussi stratégique, au point que l’annonce polémique de son PM lui soit passée totalement sous le nez et la barbe.
« Même en Conseil des ministres (désormais bimensuel), ce dossier primordial n’a jamais été évoqué. C’est la preuve que Diomaye Faye connaît mieux le candidat susceptible de gagner dans la plus modeste commune du Sénégal que les grands dossiers de la République », conclut-il.




