Plusieurs chantiers attendent Me Moussa Sarr, actuel Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Il s’agit, entre autres, de la mise en œuvre des réformes de la justice, de la gestion des dossiers liés aux violences politiques entre 2021 et 2024.
Me Moussa Sarr a pris service, le jeudi 4 juin 2026, comme ministre de la Justice, Garde des Sceaux, dans le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre, Mouhamed Al Aminou Lô. C’est un homme du sérail, mais les chantiers qui l’attendent pour redorer le blason de la justice sont nombreux. Président du Forum du justiciable, Babacar Ba estime que l’une des attentes des acteurs de la justice, c’est la mise en œuvre des réformes issues des assises de la Justice. Poursuivant, il a rappelé que l’actuel ministre de la Justice a souvent remis en cause les pouvoirs exorbitants du parquet.
« Pour équilibrer cela, la mise en place d’un juge de la détention et des libertés est fortement attendue », a soutenu M. Ba. Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Justice, Me Aya Boun Malick Diop estime qu’on ne peut pas parler de réforme judiciaire sans placer les acteurs de la justice au cœur de ces réformes. « Il y a beaucoup de préoccupations statutaires, de rémunération, sociales et professionnelles qui sont sur la table. Nous attendons de Maître Moussa Sarr une prise de contact rapide et des diligences pour que toutes ces préoccupations soient prises en compte et traitées dans les meilleurs délais », renseigne-t-il.
De l’avis de Daouda Mine, la mission de Me Moussa Sarr ne sera pas seulement de gérer l’administration judiciaire. Elle consistera, d’après lui, à convaincre les citoyens que la justice sénégalaise est capable de devenir plus indépendante, plus efficace, plus accessible et plus crédible. « Sa réussite se mesurera moins aux annonces qu’à sa capacité à traduire les réformes promises en changements perceptibles pour les justiciables », a expliqué le journaliste chroniqueur judiciaire. À l’en croire, le premier chantier qui l’attend est sans doute celui de la restauration de la confiance à l’institution judiciaire. Ainsi, il pense que le nouveau garde des Sceaux devra donc travailler à renforcer la perception d’une justice impartiale, égale pour tous et à l’abri des influences politiques.
Le deuxième défi, poursuit-il, est celui de la mise en œuvre des réformes annoncées durant le dialogue national et les Assises de la justice, notamment la réforme du Code pénal (pour expurger les articles jugés liberticides) et le Code de procédure pénale (pour consacrer l’érection d’un juge des libertés et de la détention, encadrer le retour de parquet, etc.). Un autre chantier majeur concerne, de l’avis de Daouda Mine, la lutte contre la lenteur judiciaire. Étayant ses propos, il indique que les délais de traitement des dossiers demeurent une préoccupation récurrente. « Pour beaucoup de justiciables, une justice rendue tardivement équivaut à une justice refusée.
La numérisation des procédures, le renforcement des effectifs et l’amélioration des infrastructures judiciaires devraient figurer parmi les priorités », a soutenu M. Mine, indiquant que Me Moussa Sarr devra également accompagner la montée en puissance de nouvelles institutions judiciaires, notamment le Pool judiciaire financier, appelé à jouer un rôle central dans la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et les infractions économiques et financières. « L’enjeu sera de garantir l’efficacité de cette juridiction tout en préservant les droits de la défense et le principe du procès équitable », dit-il.
Par ailleurs, la question des violences politiques de 2021 à 2024 et celle de la recherche de la vérité continuent d’occuper le débat public. En effet, les familles des victimes, les organisations de défense des droits humains et une partie de la société civile attendent des réponses claires sur les enquêtes annoncées par les autorités. « La gestion de ce dossier constituera un test important pour la crédibilité du ministère », souligne-t-il.




