Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, hausse le ton contre la gestion des difficultés liées à l’hivernage et dénonce ce qu’il considère comme une attitude « irresponsable » des autorités.
S’exprimant sur les difficultés rencontrées lors d’une rencontre ce lundi à Sagata (département de Kébémer), il accuse le sous-préfet de la localité d’avoir tenté de faire obstacle à l’initiative. Selon lui, l’autorité administrative a contacté des organisateurs locaux et des personnes susceptibles de soutenir la rencontre afin de les dissuader d’y prendre part.
« Il est symptomatique de la mauvaise conscience de l’État que le sous-préfet de Sagata a tout entrepris pour saboter cette rencontre », déclare-t-il.
Le parlementaire fustige ainsi une administration qu’il juge davantage préoccupée par le contrôle des populations que par la résolution des problèmes auxquels elles sont confrontées, notamment l’insécurité, le vol de bétail et les catastrophes liées aux intempéries.
« Toutes les difficultés doivent être prises à bras le corps »
Thierno Alassane Sall assure ne vouloir « faire une fixation sur aucun des problèmes », estimant que l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontées les populations doivent être prises en charge.
Il s’en prend particulièrement à la gestion de l’hivernage et aux décisions prises par les autorités. Il dénonce notamment la convocation de trois sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale, en plein hivernage, alors que, selon lui, l’État ne dispose pas d’un mécanisme efficace de surveillance des sites susceptibles d’être submergés.
Le leader de la République des Valeurs critique également le président de la République, qu’il accuse de davantage s’intéresser au nombre de maires ralliés à son camp qu’au bilan concret de son action.
Les zones rurales, grandes oubliées
Selon Thierno Alassane Sall, les difficultés sont encore plus criantes dans les localités rurales et les hameaux dispersés à travers le pays, qui disposent de moins de moyens pour faire entendre leurs préoccupations auprès des pouvoirs publics.
« On peut s’y noyer dans l’anonymat », déplore-t-il, estimant que les drames vécus dans ces zones sont moins médiatisés que ceux des grandes agglomérations, alors qu’ils se répètent chaque année. Il affirme qu’actuellement, de nombreuses localités du pays ne sont accessibles que par des pirogues de fortune.
Le député estime que ces situations doivent continuer à être questionnées une fois les urgences passées et les victimes enterrées. Il évoque notamment les 37 milliards FCFA destinés aux populations les plus vulnérables, dont la disparition présumée, selon lui, illustre le mal qui nous gouverne.
Pour lui, le silence face à ces situations reviendrait à cautionner les responsables de ce qu’il qualifie de forfaiture. Il annonce ainsi vouloir porter la contestation au niveau national. « Nous devons répondre par une grande marche nationale après les JOJ », affirme le leader de la République des Valeurs.


