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Harcèlement pendant huit ans / 20 numéros bloqués : M.Bocoum condamné après avoir poursuivi une femme jusque dans sa nouvelle vie conjugale

Harcèlement pendant huit ans / 20 numéros bloqués : M.Bocoum condamné après avoir poursuivi une femme jusque dans sa nouvelle vie conjugale
Harcèlement pendant huit ans / 20 numéros bloqués : M.Bocoum condamné après avoir poursuivi une femme jusque dans sa nouvelle vie conjugale

Vingt numéros bloqués, des comptes successifs sur les réseaux sociaux, des messages sur Telegram et même une invitation à Dubaï : Fatoumata Cissé affirme avoir subi pendant huit années le harcèlement persistant de Mamoudou Bocoum. Malgré le remariage de la plaignante, l’homme de 41 ans aurait continué à chercher à entrer en contact avec elle. Le Tribunal d’instance de Dakar l’a finalement condamné à deux ans de prison, dont trois mois ferme, ainsi qu’à verser deux millions de FCFA de dommages et intérêts.
Pendant près de huit ans, Fatoumata Cissé affirme avoir tenté en vain de mettre fin aux sollicitations de Mamoudou Bocoum. Selon Les Échos, l’affaire, qui remonte à 2018, s’est terminée devant le Tribunal d’instance de Dakar par la condamnation de cet homme âgé de 41 ans pour des faits de violences et voies de fait.
 
La victime, plus âgée que lui de sept ans, dit avoir rencontré pour la première fois Mamoudou Bocoum au restaurant « L’Héritage », alors qu’elle se trouvait avec une amie. Avant même qu’elle ne quitte les lieux, l’homme lui aurait demandé son numéro de téléphone. Elle aurait refusé de le lui communiquer.
 
Ce premier refus n’aurait pourtant pas mis fin à ses démarches. Selon le récit livré au tribunal et rapporté par Les Échos, Mamoudou Bocoum aurait ensuite multiplié les tentatives pour la retrouver sur les réseaux sociaux, utilisant différents profils sur Instagram et d’autres plateformes afin de reprendre contact.
 
Fatoumata Cissé dit avoir bloqué au total une vingtaine de numéros à partir desquels il lui envoyait des messages. Selon elle, il pouvait l’appeler cinq à six fois dans la même soirée. Son ancien mari lui-même aurait fini par demander à Mamoudou Bocoum de la laisser tranquille.
 
Après un nouveau blocage, l’homme aurait cherché d’autres moyens de reprendre contact. Les Échos rapporte qu’il lui aurait notamment envoyé un message sur un compte Facebook qu’elle utilisait pour publier ses activités d’entrepreneure agricole.
 
Bloqué une nouvelle fois, il se serait rendu dans les champs de la plaignante à Kayar. La démarche aurait également pris d’autres formes : messages sur Telegram, proposition de voyage et invitation à le rejoindre à Dubaï en 2020 avec la promesse de prendre l’ensemble des dépenses à sa charge.
 
Mamoudou Bocoum se serait également présenté chez la mère de Fatoumata Cissé sans son autorisation. L’un des épisodes les plus marquants rapportés à l’audience tient au fait qu’il lui aurait proposé le mariage alors même que la femme s’était, entre-temps, remariée.
 
Devant le tribunal, le prévenu a contesté les accusations qui lui étaient reprochées, tout en reconnaissant s’être rendu au domicile de la mère de la plaignante sans autorisation. Pour expliquer son comportement, il a invoqué les sentiments qu’il dit éprouver pour Fatoumata Cissé.
 
La juridiction n’a manifestement pas retenu cet argument comme justification. Selon Les Échos, la juge lui a notamment rappelé que, quelles que soient ses motivations sentimentales, la plaignante considérait ses démarches répétées comme du harcèlement.
 
L’affaire a même connu un épisode étonnant durant la garde à vue. Le tribunal a relevé que Mamoudou Bocoum aurait encore envoyé un message à Fatoumata Cissé depuis un téléphone que les enquêteurs lui avaient momentanément remis afin qu’il puisse informer son avocat de sa détention.
 
La représentante du ministère public s’est montrée particulièrement sévère. Elle a estimé que la répétition des démarches, malgré les refus et les blocages successifs, constituait un comportement anormal et a requis trois mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 100 000 FCFA.
 
L’avocat de la partie civile, Me Ibrahima Diagne, a évoqué le préjudice psychologique subi par sa cliente et demandé deux millions de FCFA de réparation. La défense a, de son côté, tenté de présenter l’affaire comme celle d’un homme animé par des sentiments amoureux, plaidant la relaxe.
 
À l’issue des débats, Mamoudou Bocoum a été déclaré coupable. Les Échos rapporte qu’il a été condamné à deux ans de prison, dont trois mois ferme, assortis d’une amende de 500 000 FCFA. Il devra également verser deux millions de FCFA de dommages et intérêts à Fatoumata Cissé.
 
Le prévenu a promis devant le tribunal de laisser désormais la plaignante tranquille. La juridiction lui a toutefois rappelé que toute nouvelle violation de la décision pourrait entraîner l’exécution de la peine dans toute sa rigueur.

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