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Génocide des Tutsis au Rwanda: fin de l’enquête contre Agathe Habyarimana sans mise en examen

Les investigations en France contre Agathe Habyarimana – la veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana – sont désormais closes sans mise en examen. Une décision rendue vendredi 16 mai 2025, selon des sources proches du dossier. Les juges ont conclu que les témoignages à charge pour son rôle éventuelle lors du génocide de 1994 étaient « contradictoires, incohérents, voire mensongers ».

Dans une ordonnance datée de vendredi, les juges chargés du dossier concluent « qu’il n’existe pas à ce stade d’indices graves et concordants contre Agathe Habyarimana qu’elle ait pu être complice d’acte de génocide […]. Si la rumeur est tenace, poursuivent les juges, elle ne peut faire office de preuve en l’absence d’éléments circonstanciés et concordants. »

Toujours selon eux, il n’existe aucun discours public d’Agathe Habyarimana proférant des discours de haine ou d’appel au génocide.
Après avoir clôturé ce dossier une première fois en 2022, sans inculper la veuve de l’ancien président rwandais, la juge d’instruction a décidé de le clore pour la seconde fois vendredi dernier de la même manière.

Les enquêtes sont désormais closes – sans que la veuve de l’ancien président n’ait été mise en examen. Agathe Habyarimana était visée depuis 2008 par une enquête en France pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité. Une enquête ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
Âgée de 82, elle échappe à ce stade à un procès. Cette décision intervient alors que le parquet national antiterroriste, compétent en la matière, a saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, en septembre 2024, en vue de sa mise en examen.

La décision de la juge est tombée quelques jours avant une audience prévue ce 21 mai devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris, qui doit se pencher sur cette demande, formulée en septembre par le parquet national antiterroriste, de mise en examen de Mme Habyarimana pour « entente en vue de commettre un génocide ».
L’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) – partie civile – a déploré l’absence de mise en examen alors que, selon lui, il existe des éléments à charge « largement suffisants ».

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