Formation du nouveau gouvernement: Les difficultés qui attendent Macky Sall

Macky Sall
Macky Sall

La gestation, puis la délivrance de ce dernier gouvernement de Macky Sall ont tout l’air d’une tempête de grande ampleur. C’est le chef de l’Etat lui-même qui aurait annoncé la mise en place du gouvernement à la fin de cette semaine écoulée. Jusque tard dans la nuit dernière, il n’y a eu rien du tout. Macky Sall marche assurément sur des œufs.

L’attente a été longue et le « nouveau-né » n’a pas fendu le silence par son premier cri. Silence ? « Plutôt anxiété », corrige ce cacique de l’Alliance pour la République (APR) ayant choisi l’anonymat. Il reste, en effet, peu de temps au chef de l’Etat au pouvoir, mais le dernier acte de chirurgie politique qu’il doit mener est des plus risqués. « Macky Sall marche sur des œufs », analyse notre interlocuteur. Une façon de dire que le président de la République fait face à une équation à plusieurs inconnues.

Le gouvernement qu’il à mettre en place est forcément appelé à être le reflet de plusieurs groupes d’intérêts. Autrement, Macky Sall exacerbe les tensions dans son propre camp et amplifie les mécontentements. La première faction qui surveille la composition du gouvernement est l’APR elle-même. La précaution de Macky Sall porte sur deux fronts. D’abord, il va, sûrement, se garder de limoger des ministres apéristes au risque de grossir les rangs des frustrés et de l’opposition. Quel ministre, débarqué du gouvernement à quelque trois mois de la présidentielle, va garder l’espoir de revenir aux affaires en cas de victoire d’Amadou Bâ ? Sans doute, aucun !

D’après le journal Point Actu, l’autre équation dans son propre camp est celle relative aux cadres jamais nommés ministres. Ces derniers pourraient croire, à tort ou à raison, que le chef de l’Etat porte peu de considération à leur endroit. « Que faire là où on n’est pas aimé ? », peuvent s’interroger ces cadres qui attendent depuis 2012 leur heure. A Benno Bokk Yaakaar, Macky Sall s’efforcera de garder les équilibres. Les quotas alloués aux partis alliés seront sûrement maintenus. D’autant que ces mêmes alliés s’étaient fait violence en donnant carte blanche à Macky Sall dans la désignation du candidat de BBY.

Mieux, ils s’étaient même abstenus de présenter un candidat à la candidature. Reste à présent un nouveau camp né de la présidentielle de 2024. Ce nouveau camp est celui du candidat de BBY, le Premier ministre Amadou Bâ. Même s’il garde le silence encore et s’abstient de poser les actes attendus d’un candidat, Amadou Bâ a, qu’il l’avoue ou pas, ses hommes. Qui sont-ils ? A quel univers appartiennent-ils ? Sont-ils des politiques ? Impossible pour l’heure de répondre à ces questions. Tout comme on ignore si Macky Sall fera entrer les hommes de son PM Amadou Bâ dans ce nouveau gouvernement.

Ce week-end, Amadou Bâ a posé des actes aux allures d’indépendance vis-àvis de la tutelle politique de son « patron », Macky Sall. Aux Parcelles assainies où se trouve sa base politique, le PM candidat à tour à tour rencontré des imams, des Badjenu Goox et des notables. Il a bouclé sa précampagne par une grosse mobilisation des jeunes venus de Dakar et d’autres contrées du pays. Il reste qu’on continue de se demander si Macky Sall se résoudra à laisser Amadou Bâ voler de ses propres ailes.

La question, insidieuse d’abord, intrigante ensuite, a fini par convaincre de la volonté du chef de l’Etat de ne rien perdre céder à son influence. « Président un jour, Président toujours ! » Voilà qui semble être le mantra de Macky Sall à quelque trois mois du premier tour de la présidentielle de 2024. Et le nouveau gouvernement attendu pourrait porte les stigmates d’un chef d’Etat sortant, décidé à garder intacte toute la plénitude de son pouvoir. En somme Macky Sall ne lâche rien !

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