L’agence de notation financière Standard & Poor’s (S&P) a annoncé, ce vendredi 4 septembre 2026, une nette rétrogradation de la note de la dette souveraine du Sénégal. Cette décision intervient juste après l’officialisation d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et l’annonce par le gouvernement d’un « Plan de traitement de la dette du Sénégal » (PTDS), que l’agence assimile à une restructuration.
Une note au plus bas et une perspective négative
La note de la dette sénégalaise en devises étrangères chute de « CCC+ » à « CC », ce qui place le pays à seulement deux crans du niveau de défaut de paiement. La dette en monnaie locale est quant à elle abaissée à « CCC ». S&P assortit ces deux notations d’une « perspective négative », avertissant qu’une nouvelle baisse reste possible dans les six prochains mois si les risques de défaut se concrétisent ou si la restructuration s’étend à la dette en Franc CFA.
Un fardeau financier hérité du passé
Cette situation financière critique découle d’un niveau d’endettement massif qui atteignait 132 % du Produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2024. Une partie de cette dette avait été dissimulée sous le régime de l’ancien président Macky Sall, ce qui avait contraint le FMI à suspendre son précédent programme d’aide de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023.
Un nouvel accord avec le FMI et un appel au Cadre commun du G20
Pour assainir les finances publiques, le nouveau gouvernement a conclu ce mardi un accord crucial avec le FMI pour un programme de 2,2 milliards de dollars (environ 1 300 milliards FCFA) étalé sur 36 mois. En parallèle, l’État a lancé son PTDS via le Cadre commun du G20, un mécanisme réunissant les créanciers publics et privés pour renégocier les conditions de remboursement.
Toutefois, la dette libellée en franc CFA, qui représente près d’un tiers de la dette publique totale, n’est pas concernée par ce plan du G20. S&P souligne d’ailleurs que les besoins de refinancement du pays restent particulièrement lourds, évalués entre 25 % et 29 % du PIB par an sur les trois prochaines années, en raison du recours important aux emprunts locaux à court terme.


