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[ EXCLUSIF] Kaolack : huit usines clandestines de fabrication de sachets d’eau démantelées par la SR, huit arrestations

La Section de Recherches (SR) de Kaolack a démantelé huit usines de fabrication clandestine de sachets d’eau. Les enquêteurs ont mené une opération remarquable qui a permis l’arrestation de huit mis en cause, tous présentés au procureur Abass Yaya Wane, chef du parquet du Tribunal de Grande Instance du Saloum, selon des informations exclusives de Seneweb.

Une plainte à l’origine de l’enquête

Tout est parti d’une plainte déposée par le Collectif des Acteurs de l’Eau filtrée du Sénégal (CAES), section Kaolack/Nioro/Médina Sabakh, une structure légalement constituée qui œuvre pour l’assainissement du secteur de l’eau filtrée. Ayant constaté la présence de plusieurs usines installées illégalement dans la localité de Kaolack et ses environs, et après plusieurs signalements restés sans suite auprès des contrôleurs économiques, le collectif a saisi le chef du parquet du Tribunal de Grande Instance de Kaolack par lettre plainte avec constitution de partie civile.Le procureur Wane a alors confié l’enquête à la SR de Kaolack.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de montée en puissance fulgurante des unités de fabrication d’eau conditionnée en sachets à travers tout le Sénégal, une situation qui inquiète en raison des déchets plastiques générés par ces entreprises. 

Le modus operandi : autorisations falsifiées, dupliquées ou déplacées

L’enquête a révélé que les FRA, délivrées par la Direction du commerce intérieur, sont strictement encadrées : elles ne peuvent servir qu’à une seule unité de fabrication, ne s’exercer que dans les limites de l’adresse mentionnée, et ne peuvent faire l’objet d’aucune cession, vente ou changement de marque. Les mis en cause ont contourné ces règles de plusieurs manières : déplacement d’une unité d’une région ou d’une ville à une autre, achat d’autorisations appartenant à d’autres personnes, ou encore changement de marque, voire circulation de fausses autorisations fabriquées de toutes pièces.

Après une demande de concours adressée à la Direction du commerce intérieur et l’audition du coordonnateur du CAES, les enquêteurs ont procédé, le 4 juillet 2026, à un transport dans le secteur de Keur Ayib. Huit personnes y ont été surprises en train de produire et d’emballer des sachets d’eau filtrée : M. Touré, A. K. Cissé, M. Gaye, D. Cissé, M. Lo, Y. Mbaye, B. Ndiaye et I. Ndiaye. Invités à présenter les documents relatifs à l’exploitation de leurs unités, ils ont tous produit des pièces jugées fallacieuses et non conformes selon des sources de Seneweb. 

Les déclarations des mis en cause

Entendu par les enquêteurs, le coordonnateur du CAES, A. Ndiaye, a expliqué que son organisation regroupe les producteurs d’eau et œuvre à l’amélioration de leurs conditions d’exercice tout en veillant au respect des normes légales. Il a précisé que le collectif organise régulièrement des séminaires de sensibilisation à l’intention des acteurs de la filière, avant de condamner fermement les irrégularités constatées et de confirmer la plainte avec constitution de partie civile.

Chacun des huit mis en cause a livré sa version des faits. M. Touré, gérant de la marque « Taba », a confirmé détenir une FRA , déplacée de Taba Ngoye Kaolack vers Keur Ayib. A. K. Cissé, qui dit représenter son grand frère, propriétaire de la marque « Nouhma », a nié être lui-même propriétaire de l’usine, en activité depuis quatre mois, et a évoqué une FRA déplacée de Keur Madiabel à Keur Ayib, alors que son frère réside à Dakar. M. Gaye, gérant et contrôleur de « Eau Seck », a confirmé détenir une FRA déplacée de Dakar Plateau à Ngayène. D. Cissé, à la tête de l’usine « Ngayenne Eau Ndeuri », a affirmé ne pas être certain de disposer de tous les documents requis, précisant que la machine appartient à son frère et que l’installation, déplacée de Kaffrine à Ngayène Sabakh, ne fonctionne que depuis deux mois.

M. Lo, gérant d’une unité active depuis 2018 à Keur Ayib, a indiqué avoir acheté et déplacé sa FRA au sein de la même localité. Y. Mbaye, gérant de la marque « Eau Ayibe », a déclaré disposer d’un NINEA et d’un registre de commerce, mais a reconnu avoir acheté et déplacé sa FRA dans la même localité. B. Ndiaye, gérant et contrôleur de « Maoul Barka », a confirmé détenir une FRA , déplacée de Saly Darou Salam à Keur Ayib. Enfin, I. Ndiaye, gérant et contrôleur d’une unité sous FRA , a reconnu avoir délocalisé son usine de Kaolack Kanda Fodé Bayo à Keur Ayib.

Des faits établis et des saisies opérées

Pour l’ensemble des mis en cause, l’enquête a établi des faits d’exploitation illicite d’unité de fabrication d’eau en sachet, de mise en danger de la vie d’autrui, de faux et usage de faux documents administratifs, ainsi que de tromperie sur la qualité, l’eau commercialisée ne répondant à aucune norme microbiologique, chimique, organoleptique ou physico-chimique.

Trois machines de filtrage d’eau ont été saisies e. Les unités de production ont été mises sous scellés sur place, en attendant la réunion des moyens logistiques nécessaires à leur transfert, tandis que les sachets d’eau saisis ont été placés sous scellés , dans l’attente d’une décision de justice.

Au terme de l’enquête, des indices graves et concordants ont été retenus contre les huit mis en cause, poursuivis pour exploitation illégale d’une unité de fabrication d’eau en sachet, mise en danger de la vie d’autrui, faux et usage de faux documents administratifs et tromperie sur la qualité.

Ils ont été déférés le 6 juillet 2026 devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kaolack. Ces derniers auraient été tous écroués par le procureur du Saloum. 

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