Exclusif – Gouvernement: Fin du contrat entre Macky Sall et Sidiki Kaba

sidiki-kaba

Le président de la République s’est rendu compte des problèmes dans lesquels, son Ministre de la Justice l’a entrainé. Me Sidiki Kaba déroule son propre agenda, depuis son arrivée à ce ministère. D’ailleurs, selon certains, il serait hors du champ de contrôle du Président Sall. Il garderait son portefeuille, grâce aux Ong et aux autorités françaises. Mais, le chef de l’Etat Sall serait sur le point de se séparer de lui, à cause des dossiers dans lesquels, il est acteur principal (Procès Habré et Bibo Bourgi). Sur un autre point, le président serait outré par la forclusion du Sénégal au Groupe de Travail des Nations Unies et sa déclaration au soutien à une éventuelle arrestation du président Soudanais en Afrique du Sud.

Affaire Habré: Sidiki Kaba juge et partie
 
Ancien patron de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), Me Sidiki Kaba s’est battu dans tous les Continents pour défendre les droits des homosexuels et les droits humains, de manière générale. Sa nomination était appréciée par certains, comme une volonté du président Macky Sall, de dépénaliser l’homosexualité au Sénégal. Que nenni ! En outre, dès son entrée dans le Gouvernement, des gens ont parlé de conflit d’intérêt, parce qu’il était l’avocat de Bibo Bourgi, poursuivi pour enrichissement illicite devant la Crei qu’il avait vigoureusement dénoncée. De plus, Me Kaba a été l’avocat des supposés victimes d’Hissène Habré qui avaient porté plainte contre lui au Sénégal en 2000. L’actuel Ministre de la Justice du Sénégal a été l’un des principaux artisans du procès Habré, alors président de la Fidh, avec Alioune Tine, ancien patron de la Raddho, Me Boucounta Diallo avocat et ancien de la Fidh, Reed Brody, porte-parole de Human Right Watch, entre autres. Me Kaba s’était rangé du côté d’Idriss Déby et des plaignants Tchadiens. Devenu Ministre de la Justice, appelé à juger Habré, il ne s’opposera jamais à une condamnation de l’ex-président tchadien, malgré les nombreuses irrégularités notées dans la procédure. Après le dossier Habré, le projet de dépénalisation de l’homosexualité sera mis sur la table. Et les défenseurs des homosexuels semblent encouragés par le manque de fermeté du président Sall sur la question.
 
Double échec de Me Sidiki Kaba
Il a échoué dans le procès de Karim Wade, à cause du déroulement des audiences. Plusieurs fois, il est monté au créneau pour sauver les meubles. Et certains caciques de l’Apr n’ont pas apprécié sa sortie, juste après l’annonce du verdict, lorsqu’il a dit que Karim Wade garde ses droits civiques. Me Kaba a encore échoué dans le procès de Habré, ajourné jusqu’au 7 septembre, à cause de la mauvaise organisation et des débordements notés.
 
L’avis du Groupe de Travail a outré le président Sall
 
Macky Sall a été très remonté contre son Ministre de la Justice, lorsque le Groupe de Travail des Nations Unies a donné un avis pour demander la libération de Karim Wade et son indemnisation. Le Président Sall était surpris d’apprendre la forclusion de l’Etat du Sénégal et la victoire de Karim Wade. Mais vite, le Ministre de la Justice a tenté d’étouffer, aux yeux de l’opinion, cette décision des Nations Unies favorable à Karim Wade. Ainsi, tint-il un point de presse disant : «le Groupe de Travail n’est pas un tribunal. Le Sénégal est un Etat souverain.»  Or, cette déclaration n’est que de la poudre aux yeux, si on sait qu’il avait lui-même sollicité le Groupe de Travail, sur le cas des prisonniers à Gouantanamo. Par ailleurs, aujourd’hui, Karim Wade est en prison, mais personne ne sait dans quelle prison se trouve son complice Bibo Bourgi dont Me Kaba était l’avocat. Est-il chez lui ?
 
Affaire Omar El Béchir, l’erreur de trop
Le Ministre de la Justice a commis une bourde judiciairo-diplomatique qui a mis le président Sall mal à l’aise devant ses pairs chefs d’Etat, en Afrique du Sud. Sans cueillir l’avis du Ministre des Affaires Etrangères ni l’avis du président de la République, le Ministre de la Justice a balancé un communiqué dans lequel, il soutient l’arrestation d’El Béchir. L’a-t-il fait au nom de l’Etat du Sénégal ou au nom de la Cpi dont il est le président de l’Assemblée des Etats parties? Au moment où ces propos faisaient le tour du monde, le président du Sénégal était dans la même salle que son homologue soudanais. Cette erreur de Me Kaba a mis Macky Sall hors de lui. C’est la raison pour laquelle, il a rejoint l’ensemble des chefs d’Etat qui ont condamné cet acte de la Cpi. D’ailleurs, lors du sommet sur la Muraille Verte en Mauritanie, le président Sall était gêné de croiser le regard d’El Béchir. Et pourtant, tout est de la faute de son ministre de la Justice. Les motifs pour se séparer de lui ne manqueront pas.
 
Ibrahima Khalil DIEME

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici