Enseignement supérieur: Une dette de 4 milliards due aux écoles privées

Senghane Mbodj, le directeur de l’Enseignement supérieur privé a reconnu hier sur les ondes de la radio Rfm que sa structure doit aux écoles privées d’enseignement supérieur une enveloppe de 4 milliards.

Justifiant ce retard de paiement, il évoque les longues procédures administratives qui sécurisent le décaissement de l’argent du contribuable. Une déclaration qui fait suite à la sortie d’une responsable d’école privé en l’occurrence Madame Denise d’Erneville, administrateur de l’Ecole Supérieure d’Interprétation, de Techniques Administratives, de Management et de Gestion Hôtelière (Etshos-Imed). « Nous serions tentés de penser qu’au Sénégal l’initiative privée est victime d’une forme de marginalisation qui l’empêche de prendre son envol. Des lendemains incertains se profilent dangereusement à l’horizon pour le secteur privé de l’enseignement supérieur qui a reçu du plomb dans les ailes », avait-elle déclaré.

Soulignant que de nombreux établissements privés d’enseignement supérieur (Epes) ayant fait les frais d’un mauvais casting pour la répartition et l’orientation de nouveaux bacheliers vers leurs structures risquent de voir ces dernières disparaitre si aucune mesure n’est prise à temps.

En effet, à cause du non-paiement par l’Etat des coûts de formation des bacheliers boursiers, ces établissements sont confrontés à d’énormes difficultés qui plombent la bonne marche et le fonctionnement desdites structures (perturbation et désorganisation dans les procédures d’inscription expérimentées pendant plusieurs décennies). Dans la quasi-totalité des établissements privés liés par un contrat signé entre les parties : Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) et chaque Epes, malgré le décret d’avance du mois de novembre 2017, l’Etat ne paie pas, sauf à de rares exceptions, a révélé Madame D’Erneville.

Elle ajoute à ce sujet que les factures concernant les boursiers de 2015, orientés en 2016, demeurent encore impayées à ce jour. « Etant au pied du mur, nous nous sommes vus contraints de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre en attendant que les dispositions administratives soient réglées », a-t-elle expliqué. Avant d’ajouter : « Nous relevons qu’aucun bachelier de 2017 n’a encore été orienté vers le privé et que nous venons d’entamer la 1ère décade du mois de janvier. Ne pas tenir compte du facteur temps, est une grave erreur qui aura pour conséquence la disparition des universités, instituts et écoles privées ». Et de s’interroger : « Quand donc les autorités comprendront-elles que pour une réelle « égale dignité » il faut plus de démocratie et d’équité afin de donner tout son sens au partenariat Public-Privé » ?

Pour la responsable administrative de Etshos, « les nombreux Sénégalais, qui, depuis plusieurs décennies, ont fourni des efforts titanesques et pris le risque de réaliser sur fonds propres des investissements colossaux, méritent plus de respect et de considération ». Elle reste convaincue que la situation des Epes doit être traitée avec beaucoup d’attention et de diligence. L’initiative privée doit être encouragée et ne devrait pas faire l’objet de marginalisation, a-t-elle conseillé.

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