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Énergie : faire de l’accord de New York un moteur de progrès pour le Sénégal

La signature, à New York, d’un protocole d’accord entre la Société africaine de raffinage (SAR) et la société turque Yamata constitue une perspective importante pour le Sénégal. Elle porte sur la construction d’une deuxième raffinerie, d’une capacité envisagée de quatre millions de tonnes de pétrole brut par an, ainsi que sur la modernisation de la raffinerie de Mbao.

Je salue cette initiative engagée sous l’autorité du Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye. Elle répond à une question essentielle : comment faire en sorte que les ressources pétrolières du Sénégal contribuent davantage à notre développement industriel et à l’amélioration des conditions de vie des populations ?

Avec le pétrole issu notamment du champ de Sangomar, notre pays dispose d’une occasion de renforcer ses capacités de transformation. Raffiner davantage sur notre territoire pourrait réduire notre dépendance aux importations de produits pétroliers, renforcer notre sécurité énergétique et créer de nouvelles activités pour les entreprises sénégalaises.

Les perspectives vont au-delà de la raffinerie elle-même. Le stockage, le transport, la maintenance, la logistique et la production de produits comme le bitume ou les lubrifiants peuvent ouvrir des débouchés pour notre économie. Ce projet pourrait aussi donner à des jeunes Sénégalaises et Sénégalais accès à des métiers qualifiés, à condition d’anticiper dès maintenant leurs besoins de formation.

L’investissement envisagé est considérable : entre deux et trois milliards de dollars pour la nouvelle unité, auxquels pourraient s’ajouter entre 300 et 500 millions de dollars pour la modernisation des installations existantes. Le financement devrait être mobilisé par Yamata et ses partenaires financiers, sans garantie souveraine de l’État sénégalais. C’est une orientation positive, qui devra être précisée au fil de l’avancement du projet.

Un protocole d’accord ouvre une voie ; sa réussite se construira dans la durée. Les prochaines étapes devront permettre de confirmer le financement, le calendrier, les conditions de réalisation et la place réservée aux entreprises et aux compétences nationales. C’est ainsi que cette ambition pourra produire des emplois, des transferts de savoir-faire et une valeur ajoutée durable au Sénégal.

Les discussions engagées à Dubaï pour relancer le Programme spécial de désenclavement, ainsi que l’accord-cadre signé en Italie autour du renouvellement urbain et du logement, s’inscrivent dans cette même dynamique de développement. Des routes qui relient les territoires, des villes mieux aménagées et une industrie énergétique plus forte peuvent se soutenir mutuellement.

Je veux donc saluer cette volonté de mobiliser des partenariats autour des priorités du Sénégal. L’accord de New York mérite une attention particulière, car il porte une ambition claire : transformer une partie de nos ressources ici, créer des compétences ici et faire bénéficier notre économie d’une plus grande part de leur valeur.

C’est à cette condition que nos partenariats deviendront des investissements utiles, que ces investissements créeront des emplois et que nos ressources contribueront concrètement au progrès des Sénégalaises et des Sénégalais.

Seydou Sow

Fait à Paris, le 24 septembre 2026

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